Au Cap Sicié, le samedi 27 avril 2019…

Bravant un fort mistral, progressant dans la nuit sombre, huit amis de la Nature sont heureux de se retrouver au lieu-dit de Bramas.

Nous sommes aussitôt émerveillés par le concert des Rossignols philomèles cachés dans la garrigue. Les Fauvettes, mélanocéphales et à tête noire, parviennent difficilement à se faire entendre.

Dans la montée des Terres Gastes*, nous faisons une pause pour ne pas manquer le lever du soleil.

Alors que nous redémarrons, notre attention est attirée vers un vieux chêne au bord de la piste. Un petit oiseau volette de branche en branche. Il ne se pose jamais, pas même une demi-seconde pour le temps d’une photo. Son comportement et son plumage nous permettent d’identifier un Pouillot. En apercevant son ventre d’un blanc soyeux, nous pensons au Pouillot siffleur.

Arrivés au Sémaphore**, nous nous installons pour un petit déjeuner bien mérité. Deux anniversaires du jour sont ainsi fêtés avec de bonnes friandises et du café.

Mais le soleil qui se voile et le mistral qui se renforce nous incitent à lever le camp. Nous allons nous balader sur le flanc de la crête à l’abri du vent.

Véronique et Guy observent des passereaux très furtifs qui ne s’intéressent pas du tout à eux et continuent à s’égosiller bien cachés dans les buissons.

Lorsque le soleil parvient à percer définitivement ces nuages élevés, nous profitons de toutes les couleurs printanières de la Provence.

Cistus albidus
Lavandula stoechas
Calycotome spinosa
Spartium junceum
Centranthus ruber
Asphodelus albus
Lavatera maritima

En passant, nous admirons le ravalement de façade effectué tout récemment sur la chapelle de Notre Dame du Mai.

Arrivés au bout de la piste, nous profitons de la vue sur le versant ouest du massif. Le mistral ne baisse pas d’intensité et nous permet de voir jusqu’aux îles marseillaises.

Le retour par la piste des écoliers, à travers la forêt, nous ramène au parking d’Amphitria.

*On appelle chez nous « Terres Gastes » (du prov. gast, dévasté, inculte) la zone du massif de Sicié située entre, d’une part, le chemin des crêtes entre N.-D. du Mai et le Sémaphore et, d’autre part, la portion de la Corniche Varoise qui va du parking Amphitria au vallon de Belle Pierre.

**« Vers le début du XIXème siècle, après la découverte du télégraphe aérien de Claude Chappe, un poste d’observation fut établi en 1821 au surplomb du Cap Sicié à 330 mètres d’altitude qui devint le Sémaphore, nanti d’un puissant télescope chargé de signaler tous les passages de navires, les accidents de la navigation, l’approche de navires ennemis en cas de guerre, etc. Cette construction détruite par les bombardements de la Libération en 1944, n’a pas été remplacée. Ceux de nos concitoyens chargés de cette fonction ont passé une grande partie de leur vie au sommet du promontoire sauvage de Sicié dans des conditions quasiment monacales. En ce temps-là, les congés étaient rares et les distractions monotones. […] Il attendait deux personnages au moins chaque semaine. Le préposé au ravitaillement [….] ; le dimanche, généralement, sa femme et ses enfants [..] »

Les notes de bas de page sont tirées du site de Marius Autran repris par son fils Jean-Claude :

Archives, souvenirs et écrits divers de Marius AUTRAN (1910-2007)

Photos de François-Marie

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