UN MARTINET A TERRE – QUE FAIRE

KR4J’ai trouvé un Martinet, que faire ?

Vous pouvez aider les animaux en détresse en effectuant les premiers gestes essentiels à leurs survie mais attention la législation est stricte. Afin d’éviter le trafic d’animaux protégés, la loi française interdit aux particuliers de capturer, détenir et soigner chez eux des animaux sauvages, sans autorisation spécifique (art. 415-3 Code de l’environnement).

Il est donc recommandé de prendre conseils auprès de professionnels (personnels de centre de sauvegarde LPO par exemple). Le centre de soins géré par la LPO PACA est basé à Buoux dans le Vaucluse. Tél 04 90 74 52 44.

Suivre le lien http://paca.lpo.fr/soins-animaux/le-centre/fonctionnement-du-centre

Toute l’année, il accueille et soigne les animaux sauvages en détresse en vue de leur relâcher.

A – Un Martinet adulte en bonne santé se trouve rarement au sol.

S’il est à terre, c’est qu’il y a un problème, il est blessé, épuisé, trop jeune pour voler… bref, il est en danger.

Plusieurs raisons :

→ Le temps, les conditions météo, par exemple, le grand vent, les orages violents, …

→ Une attaque de prédateurs : Faucons ou corvidés, un chat,…

→ Un accident : collision avec une surface vitrée,…

→ L’épuisement en fin de migration,…

→La chaleur au nid, des bagarres, la faim, et tout autre dérangement,…

Le Martinet a besoin d’être évalué avant tout traitement ou décision qui doit être prise, mais la première place de patient est la tiédeur d’une boîte sombre, sur une serviette douce, dans un coin tranquille et en sécurité. Surtout ne jamais mettre un Martinet dans une cage.

1ère étape : Donner quelques gouttes d’eau au Martinet avec une pipette. Souvent un Martinet trouvé à terre est déshydraté.

Afin d’évaluer l’état du Martinet, il est conseillé de le peser. Un Martinet adulte ou prêt à voler doit peser entre 35 et 42 gr.

L’idéal serait, bien entendu, de pouvoir le replacer dans son nid, voire dans UN nid.

ATTENTION A NE PAS COMMETTRE CERTAINES ERREURS QUI POURRAIENT ÊTRE FATALES AU MARTINET.

On trouve tout et n’importe quoi sur Internet, alors ne jouons pas aux apprentis sorciers, et référons nous aux spécialistes.

B – NOURRIR CORRECTEMENT UN MARTINET

Le Martinet est un insectivore STRICT.

Il se nourrit exclusivement d’insectes, alors nous n’avons pas le choix, ce sont des insectes qu’il faut lui proposer.

JAMAIS DE GRAINES, JAMAIS DE PAIN, JAMAIS DE LAIT.

JAMAIS DE CROQUETTES NON PLUS. On ne sait pas ce qu’elles contiennent exactement, en tout cas, des niveaux trop élevés d’hydrates de carbone, des colorants alimentaires et des conservateurs.

A brève échéance, c’est la mort assurée du Martinet, qui est exclusivement insectivore.

PAS DE VIANDE, NON PLUS (ou alors d’une façon TRES temporaire)

Une nourriture inadaptée conduira non seulement à des problèmes digestifs pouvant entraîner la mort du Martinet, mais aussi à des malformations du squelette, à des carences, à des lésions du foie, à des problèmes de plumage et à la chute des plumes. Autant dire, que le pauvre oiseau n’ira pas très loin !

Quelques sources fiables à consulter si besoin est :

En français :

http://www.apusapus.net

http://www.mauersegler.com – Clinique allemande de sauvegarde du Martinet. Des fiches claires et précises sur ce qu’il faut faire et ne pas faire.

http://martinew.canalblog.com

En anglais :

http://www.falciotnegre.com  Lire l’article d’Enric Fusté, un soigneur espagnol qui a réalisé une étude scientifique sur la réhabilitation de nombreux Martinets dans les centres de revalidation http://www.jzar.org/jzar/article/view/33

Chaque année, dans un pays différent, se tient un congrès international sur les Martinets, réunissant les plus grands spécialistes de toute l’Europe, et autres pays. Ils se sont fédérés pour diffuser des informations correctes, je vous invite à visite leur site : www.swift-conservation.org

Les sites cités précédemment sont tous des « swift-conservation »

Cette année, le séminaire SWIFT s’est déroulé en Pologne à Sczecin (7-10 avril 2016).

Et pour info, le cas de l’opération « Protection des nids de Martinets dans les projets immobiliers à Toulon » qui se poursuit depuis 2 ans avec le soutien de la Mairie, y a été évoqué et a même fait l’objet d’un article (disponible auprès de Katherine).

Nous en sommes fiers, évidemment ! 😆

C – ENVOL D’UN MARTINET

NE JAMAIS LANCER EN L’AIR UN MARTINET.

Un Martinet prêt pour le départ, s’agite dans son carton ; il bat des ailes, il est temps de lui donner sa liberté. Son poids doit être approximativement entre 35 et 42 gr.

Choisir un endroit bien dégagé, une grande pelouse, un stade de foot (pas d’obstacles, arbres, murs, câbles à moins de 50 m).

Mettez le Martinet dans vos mains, levez bien haut les bras, et hop une petite impulsion.

Si le Martinet est vraiment prêt, il prendra son vol.

S’il y a d’autres Martinets dans le ciel, c’est l’idéal.

Il faut savoir que les jeunes ne reçoivent plus de nourriture des parents dès qu’ils ont quitté le nid. Ils volent immédiatement à la perfection et se débrouillent tout seuls. Ils ne se reposeront plus durant les 3 prochaines années.

D – LE MARTINET N’EST PAS UN ANIMAL DE COMPAGNIE

Et ce même, s’il ne semble pas craindre le contact avec l’homme.

Le Martinet est fait pour voler, il passe sa vie en l’air, il mange, boit, dort, copule en l’air. C’est un migrateur au long cours.

Sa vie n’appartient à personne sinon qu’à lui.

Notre tâche est seulement de l’aider à retrouver sa liberté.

Un grand merci à Brigitte et à Colette (Groupe LPO LMT) qui ont traduit et mis en forme les textes en anglais.

J’en profite également pour remercier mes amis de Swift Conservation, Marcel Jacquat, ancien directeur du MHNC de la Chaux-de-Fonds (dont je vous recommande l’excellent livre qu’il a co-écrit avec Bernard Genton : « LE MARTINET NOIR, ENTRE CIEL ET PIERRES » aux éditions La Girafe), Ulrich Tigges, Edward Mayer, et tous les autres passionnés SWIFT qui soutiennent notre action à Toulon et nous aident par leurs précieux conseils.

Le prochain article sur les Martinets sera le bilan de notre campagne 2016 du recensement des nids de Martinets à Toulon, et le point sur nos contacts avec les entreprises du BTP qui vont intégrer les MARTINETS dans LEURS PROJETS IMMOBILIERS.

A bientôt,

Katherine

Crédit Photo : Klaus Roggel (Swift Conservation)

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