Plan Régional d'Action pour la Chevêche d’Athéna en PACA
La Chevêche d’Athéna est un oiseau sédentaire qui occupe les zones d’agriculture traditionnelle où dominent les surfaces en herbes avec présence de cavité de nidification. Actuellement, elle est sans doute le rapace nocturne dont on parle le plus en France, tant sa régression alarme ceux qui l'étudient. En effet, l’espèce est signalée en déclin en France et dans une majeure partie de l’Europe à cause de l’intensification des pratiques agricoles et du trafic routier.
L'effectif nicheur, estimé à 11 000 couples en France (plus de 10% de l’effectif européen), est en régression dans tout le pays depuis les années 1970 (diminution de l'ordre de 20% à 50%). Qualifié de nature « ordinaire », l’habitat de la chevêche ne bénéficie d’aucune mesure de protection forte et est peu représenté au sein du réseau d’espaces naturels protégés.
La chevêche d’Athéna fait l’objet d’un Plan d’Action où elle est prise en compte au titre d’espèce prioritaire. Ce Plan d’Action fait la synthèse des connaissances disponibles sur l'espèce ainsi que sur les actions de protection déjà expérimentées. A partir de cette synthèse, il propose des orientations stratégiques de conservation. De nombreuses structures travaillant pour la sauvegarde de la chevêche voient ainsi leurs actions coordonnées dans ce cadre et sont rassemblées au sein d’un groupe francophone Chevêche. Dans le même temps, certains Parcs naturels régionaux ont fondé un observatoire Inter - Parcs de cette espèce qui consiste à suivre une population témoin sur chacun des territoires concernés.
En Région-Provence-Alpes-Côte d’Azur, la LPO PACA mène ainsi depuis plusieurs années un programme d’étude et de protection de la Chevêche d’Athéna en partenariat avec le Parc naturel régional du Luberon qui s’étend en 2011 avec le Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Equipement du Mont Ventoux.
Mener des actions sur les populations
1/ Recensement et précision du statut de l’espèce dans le département de Vaucluse qui a mobilisé en 2010, 44 personnes, la plupart bénévoles. Les résultats de ce recensement ont fait l’objet d’une publication mise en ligne sur le site www.faune-paca.org
2/ Renforcer les populations
3/ Suivre et étudier la population de chevêche en région méditerranéenne.
L’étude et le suivi des paramètres de la biologie de reproduction de la Chevêche d’Athéna sur le territoire Luberon Lure sont réalisés à partir des couples installés en nichoirs. La mise en place de ce dispositif s’est opérée en deux temps : - Hiver 2005 – 2006 : installation d’une centaine de nichoirs dans le Pays d’Apt (Nord Luberon correspondant à la vallée cultivée du Calavon). - Hiver 2009 – 2010 : installation de près de 120 nichoirs supplémentaires sur l’ensemble des autres secteurs géographiques.
Au printemps 2010, 225 nichoirs étaient en place, installés sur un total de 29 communes du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. L’occupation des nichoirs par la Chevêche a été progressive dans le nord Luberon depuis 2006. En 2010, 30 couples se reproduisaient en nichoir dans cette partie du territoire. Pour les nichoirs installés à partir de 2009, l’occupation s’est montrée beaucoup plus dynamique avec 33 couples reproducteurs dès la première saison de reproduction qui a suivie (printemps 2010). Le taux des nichoirs occupés par la Chevêche a donc atteint 28% du dispositif.
La répartition géographique des nichoirs occupés est la suivante : - 30 couples dans le nord Luberon - 28 couples dans le sud Luberon - 5 couples dans le Pays de Haute-Provence
En 2010, les paramètres de la biologie de reproduction de 63 couples de Chevêches ont ainsi pu être suivis ; ce travail constituant un observatoire unique de l’espèce en région méditerranéenne.
En automne 2011, s'est déroulé les 12èmes rencontres du réseau francophone chevêche à l’automne 2011.
Les perspectives pour 2011/2012 : - Etendre le recensement de l’espèce à d’autres secteurs géographiques en région PACA. - Finaliser le renforcement de population sur le Luberon. - Poursuivre l’observatoire sur le territoire Luberon Lure et l’étendre aux autres Parcs naturels régionaux.
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