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Les causes d'accueil

L’érosion de la biodiversité dans son ensemble est plus que jamais un sujet d’actualité. Les raisons invoquées pour expliquer cet appauvrissement du vivant sont multiples et liées la plupart du temps à la détérioration des écosystèmes sous l’effet des activités humaines. En effet celles-ci, en l’espace d’un demi siècle, ont pris des proportions stupéfiantes accompagnées d’une intensification des pratiques dans de nombreux domaines (agriculture, urbanisation, activités de pleine nature, etc.).

On peut également ajouter à cet impact majeur sur la survie des espèces la destruction directe des individus. Longtemps cette destruction s’est symbolisée par la persécution systématique infligée à de nombreuses espèces (principalement les rapaces) qui a pu mener dans certains cas à leur quasi disparition.

Il aura ainsi fallu attendre la mise en place, dans les années 1970, d’une protection légale d’une majorité des espèces en France pour mettre un frein efficace à cette destruction alarmante.

Cependant, cette réalité ne doit pas faire oublier les nombreuses autres menaces, permanentes (routes, réseau électrique aérien) ou occasionnelles (marées noires, tirs sur espèces protégées), qui pèsent encore directement sur la faune sauvage et participent de façon plus diffuse mais réelle au déclin de nombreuses espèces.

Pour cela, par l’identification et la mesure des différentes causes d’accueil des animaux, le Centre joue un rôle en tant que témoin local de ces menaces.

Graphique des causes d'accueilLes animaux accueillis au Centre sont enregistrés sous l’une des six causes suivantes :

  • dénichage passif
  • trafic routier
  • tir illégal sur espèce protégée
  • collision d’origine indéterminée
  • autre
  • inconnue
Les autres causes d'accueil
Nombre de cas
enregistrés
Accidents divers 6
Accueil en provenance d'un autre centre de sauvegarde 2
Collision vitre 9
Détention illégale espèce protégée 61
Electrocution 2
Empoisonnement 6
Emprisonnement accidentel (conduit cheminée, cuve...) 16
Epuisement / Etat de dénutrition 39
Maladie 7
Noyade (bassin,piscine...) 6
Piègeage 5
Pollution 2
Prédation animal domestique (chat et chien) 23
Prédation naturelle 3
TOTAL 187

 


 Le Centre peut accueillir au total 340 espèces d’oiseaux et 40 espèces de mammifères.

Cette liste est constituée et motivée d’après deux critères principaux :

la capacité quantitative et qualitative d’accueilliée aux équipements des structures : il est interdit au centre de conserver les animaux pour les soins ou la rééducation desquels il n’est pas équipé,
les connaissances relatives à la faune sauvage autochtone du demandeur de certificat de capacité.

Buse - photo Philippe Magoni CRSFS 2011Cette liste d’espèces bien déterminée est établie par le capacitaire responsable de l’établissement et validée par la Direction des Services Vétérinaires.

Toutes ces espèces appartiennent à la faune sauvage européenne et 80% sont protégées en France.

Entre 500 et 600 animaux sont recueillis chaque année par le centre régional de sauvegarde de la faune sauvage.

 


 

Depuis son arrivée à l’infirmerie jusqu’au moment où il sera jugé prêt à être réintroduit dans son environnement naturel, l’oiseau suit un cheminement au sein du Centre, composé de trois étapes principales :

 

Etape 1 - Enregistrement administratif de l’oiseau

Hulotte - photo Eloise Deschamps 2011 CRSFS

  • Détermination de l’espèce, ainsi que l’âge et le sexe quand cela est possible.
  • Attribution d’une feuille de soins (qui sera renseignée régulièrement et qui suivra l’oiseau jusqu’à sa sortie de l’établissement).
  • Tenue des registres (livre journal officiel, registre cahier officiel, registre informatique).

 

 

Etape 2 - Examen initial

Circaete en soins - Katy morell - Magali Bodet - photo Eloise Deschamps CRSFS 2011

  • L’oiseau est examiné avec attention afin de préciser autant que possible sa « cause d’accueil » ainsi que les soins adaptés.
  • Palpation des membres inférieurs et supérieurs et autres endroits pouvant être fracturés (clavicule, bassin…)
  • Examen de la cavité buccale, des yeux, de l’état général du plumage, des tarses et des doigts
  • Recherche de plaies diverses
  • Examen du comportement (recherche de traumatisme, d’imprégnation…)
  • Vérification de l’état de nutrition
  • Pesée de l’oiseau

 

Etape 3 - Baguage

Baguage Chouette Effraie - photo Christine Kritstof

  • L’oiseau est bagué dès son entrée au centre avec une bague du Muséum National d’Histoire Naturelle.

 


Tous les animaux recueillis au Centre sont soignés en vue de leur réinsertion dans le milieu naturel.

 

Les animaux handicapés

Si l’examen initial de l’animal ne permet pas d’envisager des soins et une rééducation qui mèneront à un retour à la vie sauvage, ou en cas d’échec des soins, l’euthanasie est préconisée et pratiquée sous l’autorité d’un vétérinaire.
Toutefois, lorsque le handicap final permet à l’animal de bénéficier de conditions de vie satisfaisantes en captivité, il peut être transmis, en vue d’exposition au public, à des zoos ou à d’autres organismes officiellement reconnus.

Petit Duc en soin - photo Katy Morell CRSFSEnfin, si l’animal appartient à une espèce rare qui fait l’objet d’un programme de renforcement des populations sauvages fondé sur la reproduction en captivité, les démarches administratives sont alors entreprises pour son transfert vers l’établissement intéressé. Plusieurs programmes sont actuellement menés au niveau national en partenariat avec l’Union Française des Centres de Sauvegarde.

 

Programmes actuellement menés

 

Les animaux aptes à la réintroduction dans le milieu naturel

Graphique devenir des animauxDe l’ensemble des animaux accueillis au Centre, près d’un sur deux retrouve finalement la vie sauvage. Les oiseaux relâchés sont bagués dans le cadre d’un programme agrée par le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (rattaché au Muséum National d’Histoire Naturelle).

Afin d’optimiser au maximum les chances de réinsertion de l’animal dans son milieu naturel, la décision du relâcher doit répondre à plusieurs critères :
- le rétablissement de l’animal,
- le site de la réintroduction doit répondre aux exigences écologiques (alimentation, reproduction) de l’espèce concernée,
- la saison du relâcher doit coïncider avec la période d’abondance de nourriture pour l’espèce en question.

 

Informations complémentaires :

Si certains retours d’informations font état d’échecs (oiseaux bagués retrouvés moins d’un mois après leur réintroduction), beaucoup d’autres montrent des succès indiscutables.

Un circaète Jean-le-Blanc a été récupéré durant l’automne complètement affaibli et en état de dénutrition. Après plusieurs mois de captivité, l’oiseau, entièrement rétabli, est finalement relâché au printemps suivant. Il sera récupéré par un centre de sauvegarde de la faune sauvage espagnol (à Cadix) cinq ans après !

Une jeune chouette hulotte est recueillie poussin peu de temps après son envol du nid. Ramenée au Centre, elle est élevée durant 2 mois et est finalement réintroduite dans un environnement favorable. Elle sera retrouvée 3 ans plus tard, emprisonnée dans un conduit de cheminée, à quelques kilomètres seulement du site de relâcher.