Le Chevalier culblanc

Chevalier culblanc © Aurélien AudevardC’est le premier des grands migrateurs à redescendre de Scandinavie, son cri flûté émis lors de son vol trahi bien souvent la présence de notre oiseau. Sa redescente coïncide parfaitement avec l’arrivée des touristes qui ont bien souvent des traits communs avec notre….Chevalier culblanc ! Petite boule brune, ce chevalier est l’un de ces grands voyageurs qui rend visite aux salins d’Hyères avant de regagner l’Afrique…

 

 

Qui est-il ?

Le Chevalier culblanc est un petit limicole brun de la famille des scolopacidés qui mesure une vingtaine de centimètres pour quatre-vingt-cinq grammes. Cette famille comporte 96 autres espèces mais s’en distingue par le fort contraste entre le dessus brun sombre et le dessous blanc. Une bande pectorale sombre est également présente sur sa poitrine blanche. On note également sur la tête un sourcil blanc et un cercle pâle autour de l’œil. Ses pattes courtes sont vert olive et ne dépassent pas la queue en vol. Ce qui par contre est particulièrement frappant, est le croupion blanc carré contrastant fortement avec le dessus des ailes presque noires, ce qui lui a d’ailleurs valu son nom.

 

Ce grand migrateur est un nicheur boréal, qui se reproduit de la Scandinavie à la Sibérie orientale avec des populations isolées jusqu’en Chine. En Europe, l'essentiel de la population niche donc en Scandinavie mais aussi en Russie, en Biélorussie, dans les pays baltes et en Pologne, plus rarement au sud, où la Slovénie représente l'extrême sud de l'aire de répartition européenne.
En France, c’est un migrateur très commun qui peut arriver dès le mois de juin et hiverner en petit nombre jusqu’au printemps suivant (1000 individus par an). Le gros des troupes filent vers leurs quartiers hivernaux situés en Afrique tropicale et, de la péninsule arabique au sud du Japon ainsi qu'en Chine, en Inde aux Philippines et à Bornéo.

 

La reproduction de notre Chevalier se déroule dans la Taïga. C’est donc dans la forêt boréale, bordée de lacs, de tourbières ou de rivières que le couple se forme. Le culblanc a la particularité d’utiliser un ancien nid de turdidé pour se reproduire. Sa faveur va vers ceux des Grives ou du Merle noir. 4 œufs sont couvés durant 23 jours vers la mi-avril. Nidifuges, les poussins ne restent que très peu de temps dans ce nid et sautent de celui-ci au bout de deux jours, pour regagner le sol et rechercher leur alimentation en compagnie des adultes. Le régime alimentaire du Chevalier culblanc est constitué de mollusques, de crustacés, de vers ou d’insectes. Avec le basculement de saison particulièrement rapide, les poussins n’ont que peu de temps pour prendre leur envol, au risque d’être confrontés à des conditions climatiques pouvant mettre en péril leur survie. C’est donc au bout de 25 jours qu’ils prendront leur envol pour rejoindre des régions beaucoup plus clémentes, où ils évolueront toujours en petits nombres, dans des zones humides comme les marais arrière-littoraux, les petits étangs aux bords vaseux ou même des mares.

 

Les effectifs européens du Chevalier culblanc sont stables et son statut est considéré comme favorable, avec une fourchette de couples nicheurs, comprise entre 338 000 à 609 000.
Pour voir les migrateurs…

 

Les salins d’Hyères, sont une importante zone de halte migratoire pour les petits échassiers en provenance d’Afrique. Bécasseaux, Gravelots, Chevaliers et autres Pluviers y trouvent des zones d’alimentation et de quiétude vitales dans leur progression vers la Scandinavie ou la Russie. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour l’observer, des sorties nature dans les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 13 Juillet à 08h45 et 18h45 aux salins des Pesquiers. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.