Retrouvez ici une chronique que nous publions chaque samedi dans Var-Matin dédiée à une espèce animale, que vous pouvez observer, régulièrement ou moins, dans les salins d'Hyères, réserve ornithologique incroyablement riche.

Renard roux © Aurélien AudevardActeur principal dans les fables de la fontaine, serial killer sanguinaire pointé du doigt à la première poule dérobée ou propagateur des maladies dignes des films catastrophe, le Renard roux n’a jamais autant agité l’esprit des hommes. Pourtant, ce mammifère incontournable de la faune française joue un rôle tout autre et assez méconnu.

Grèbe à cou noir © Aurélien AudevardQuelques cris plaintifs, attirent notre attention sur des petits bouchons gris qui flottent au loin sur l’eau lisse de l’étang. Au passage d’un Goéland leucophée un peu trop curieux, les petites boules grises disparaissent aussitôt dans un feu d’artifice d’éclaboussures. Sitôt le danger passé, les frêles Grèbes à cou noir réapparaissent et reprennent leur vie paisible de pêcheur.

Bécassine des marais © Aurélien AudevardIl faut avoir un œil aiguisé pour débusquer, ce limicole caché en bordure des salicornes. L’oiseau au repos, le bec dans son plumage très cryptique, n’en est pas moins alerte. Mais à bien y regarder il n’est finalement pas seul, puisqu’une quinzaine de Bécassines des marais est là parfaitement dissimulée, profitant des premiers rayons du soleil de cette matinée de février.

Pipit farlouse © Aurélien AudevardCaché dans l’herbe rase, un petit oiseau brun inspecte le sol avec insistance. Il trottine en zigzag, s’arrête aux pieds des touffes sèches, glane un invertébré jusqu’ici invisible aux yeux de l’observateur. Le Pipit farlouse est un visiteur strictement hivernal en méditerranée, venu profiter des températures clémentes, pour survivre aux rigueurs hivernales régnant sur ses sites de reproduction nordiques.

Cygne tuberculé © Aurélien AudevardEspèce emblématique des parcs urbains et de la plupart des zones humides de notre région, le Cygne tuberculé est un oiseau protégé, bien connu et aimé du grand public. Le malheureux évènement du 17 janvier dernier, avec un tire illégal de ce majestueux oiseau à Hyères dans le Var, vient nous rappeler que les oiseaux même les plus communs sont les premières victimes de la bêtise humaine.

Courlis cendré © Aurélien AudevardC’est dans les grandes zones ouvertes, où se mêlent salicornes, vasières et petites pièces d’eau que nous retrouvons l’oiseau de la semaine. Vous l’entendrez bien plus vite que vous ne le verrez, avec son cri « couuu-li » nasillard et puissant ». Une fois son plumage cryptique détecté, vous apercevrez un grand oiseau au long bec démesuré prêt à s’envoler au moindre danger. Le Courlis cendré est l’un de ces limicoles hivernants, au statut de conservation des plus précaires…

Faucon pèlerin © Christian AussaguelLes falaises maritimes, battues par les vents et la houle hivernale, semblent un endroit bien hostile pour la vie animale. Posé sur un grand rocher, un rapace au casque sombre, à la carrure et l’aérodynamique remarquable trône tout en surveillant son territoire. Consacré au dieu Horus dans l’Egypte ancienne par de nombreuses représentations, le Faucon pèlerin a traversé plusieurs milliers d’années pour devenir une parfaite machine à voler et à capturer des oiseaux. Cette histoire n’a pas été sans heurts et son destin a bien failli basculer au siècle dernier sous les réformes cynégétiques meurtrières ou l’empoisonnement silencieux par les pesticides organochlorés.

Hibou moyen duc © Aurélien AudevardLa faune nocturne reste une grande inconnue du public, celle-ci étant souvent synonyme de mystère, d’inconnu ou de peur. Il y a encore peu les croyances populaires, notamment dans les civilisations romaines, faisaient des rapaces nocturnes des oiseaux de mauvaises augures ou de malheur, si bien qu’on les accrochait aux portes des granges pour conjurer le mauvais sort. Accusés à tort, les chouettes et les hiboux sont désormais protégés et leur utilité reconnue. Le Hibou moyen-duc est l’un de ses oiseaux nocturnes réhabilités.

Harle huppé © Aurélien AudevardAvec sa silhouette effilée et son coup reptilien, un oiseau d’eau étrange, mi-canard, mi-grèbe plonge inlassablement dans le canal des salins. A chaque immersion, des dizaines de petits poissons font surface en une explosion d’éclats argentés ! Ils sont la cible de notre oiseau, qui les poursuit jusqu’à en être rassasié. Souvent confondu avec les cormorans ou les grèbes, le Harle huppé est un migrateur venu du nord, un pêcheur pourvu d’un bec en scie !

Bouvreuil pivoine © Jean-Marie PonceletQuelque part en presqu’île de Giens, un oiseau très discret malgré son corps trapu et sa coloration rouge orangé, émet des « diou » mélancoliques dans le haut d’un arbre. Il est pourtant difficile de croire que cette boule colorée est un oiseau et non un fruit mur oublié. Un mâle de Bouvreuil pivoine trône fièrement sur une branche du jardin, alors qu’une femelle passée jusque-là inaperçue, le rejoint. Cette espèce exceptionnelle sur le littoral varois, ne se contacte dans la région que dans les forêts d’altitudes notamment sur les contreforts des Alpes. Avec les invasions de Mésanges noires et de Grosbec casse-noyaux dont nous vous parlions les semaines précédentes, c’est une nouvelle espèce inhabituelle qui fait son apparition avec deux oiseaux bagués récemment à Hyères.