Faucon pèlerin © Christian AussaguelLes falaises maritimes, battues par les vents et la houle hivernale, semblent un endroit bien hostile pour la vie animale. Posé sur un grand rocher, un rapace au casque sombre, à la carrure et l’aérodynamique remarquable trône tout en surveillant son territoire. Consacré au dieu Horus dans l’Egypte ancienne par de nombreuses représentations, le Faucon pèlerin a traversé plusieurs milliers d’années pour devenir une parfaite machine à voler et à capturer des oiseaux. Cette histoire n’a pas été sans heurts et son destin a bien failli basculer au siècle dernier sous les réformes cynégétiques meurtrières ou l’empoisonnement silencieux par les pesticides organochlorés.

 

Qui est-il ?

Le Faucon pèlerin est un rapace d’une taille de 38 à 50 cm centimètres pour une envergure de 70 à 105 centimètres. Ces différences considérables sont liées à un fort dimorphisme entre mâle et femelle, cette dernière étant très largement supérieure morphologiquement. La tête de ce faucon présente un casque noir, se terminant à sa base par une moustache arrondie qui contraste avec ses joues claires. Le dessus de l’oiseau est gris ardoisé, la gorge est blanche et la poitrine claire parsemée de barres transversales sombres. Avec sa queue courte, ses ailes larges mais pointues, le Faucon pèlerin a un vol battu rapide et peu ample, toutefois assez caractéristique. A la vue d’une proie, il prend de la hauteur puis plaque ses ailes contre le corps et se transforme en quelques secondes en un projectile déchirant le ciel. La vitesse atteinte au cours de ces attaques est comprise entre 200 et 250 km/h avec un record enregistré à 389 km/h ! Le simple impact avec ses serres acérées est généralement fatal à sa cible, qui s’en trouve instantanément foudroyée.

La gamme de proies de ce faucon est constituée principalement d’oiseaux dont la taille peut aller du pinson au Héron cendré. Ses préférences se concentrent tout de même sur des oiseaux de taille moyenne comme le Pigeon ramier, le Geai des chênes, les limicoles ou les grives.

Son habitat diffère selon la période de l’année. En période de reproduction, il est strictement inféodé aux milieux rupestres telles que les falaises présentent du littoral jusqu’à plus de 2000 mètres dans les Alpes. Il peut également nicher sur des milieux artificiels tels que des édifices religieux, des bâtiments ou des carrières. En dehors de la période de nidification, on le rencontre dans une multitude de milieux, cependant il affectionne les zones ouvertes comme les plaines, les estuaires, les marais où il peut y chasser les nombreux oiseaux hivernants.

La reproduction du Faucon pèlerin commence au cœur de l’hiver en janvier, par des parades aériennes puis des accouplements. La ponte de 3 à 4 œufs en moyenne a lieu en février sur une falaise inaccessible, dans un nid que l’on appelle une aire. Ce site à l’abri des intempéries, est une petite plateforme ou un renfoncement, sur lequel une simple dépression est creusée. L’incubation qui dure 30 jours est assurée principalement par la femelle, remplacée pendant un tiers du temps par le mâle. Cependant ce dernier lui assure des ravitaillements réguliers. L’élevage des jeunes dure environ 8 semaines, mais les jeunes sont aptes à voler à l’âge de 40 jours. En Europe centrale et de l'Ouest, les Faucons pèlerins adultes sont sédentaires ou partiellement migrateurs alors que les oiseaux scandinaves migrent vers le sud en hiver.

Le Faucon pèlerin est très largement répandu sur la planète, puisqu'il compte 18 à 28 sous-espèces et occupe tous les continents, à l'exception de l'Antarctique et de quelques archipels océaniques. En France, la répartition des 1600 couples se superpose à celle des escarpements rocheux donc des massifs montagneux ou des falaises côtières. Entre Marseille et les îles d’Hyères, de très belles densités sont présentes avec une trentaine de couples recensée.

 

Pour le voir…

Le Faucon pèlerin est présent durant toute l’année sur la commune d’Hyères, avec notamment le renfort d’oiseaux hivernants à la mauvaise saison. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour les observer, des sorties nature dans les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 10 janvier à 09h00 aux Vieux salins d’Hyères. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.

 

Article en hommage à Christian AUSSAGUEL