Vous avez dit pies-grièches…..

Vous avez dit pies-grièches……..

Les pies-grièches sont des passereaux de la famille des laniidés qu’il faut bien différencier des pies de nos jardins, les Pies-bavardes de la famille des corvidés.

La Pie-grièche écorcheur

Des quatre espèces de pies-grièches de notre région, seule la Pie-grièche écorcheur (tarnagas en prov.) est relativement abondante.  Elle est cependant en régression en région PACA. Les trois autres, la Pie-grièche à poitrine rose, la Pie-grièche à tête rousse et la Pie-grièche méridionale sont en fort déclin voire menacées. Ce déclin est dû principalement à l’agriculture intensive et l’usage des pesticides qui entraînent la raréfaction des proies,  principalement  les gros insectes mais aussi à la fermeture des milieux par l’extension de la forêt.

Photo Philippe Langlois
La Pie-grièche écorcheur est un bel oiseau de taille moyenne (17 cm), aux couleurs bien marquées, la tête du mâle étant agrémentée d’un large masque noir. Grâce à son comportement de chasse, la Pie-grièche écorcheur est facile à observer.

Elle se poste au sommet d’un arbuste pour guetter ses proies qu’elle saisit souvent au sol à l’aide de son bec crochu avant de retourner à son perchoir ou à son nid pour nourrir ses petits. Lorsque la nourriture se fait rare, elle a coutume de faire des réserves en accrochant sa proie à l’épine d’un buisson d’où son qualificatif  d’écorcheur (comportement jamais observé personnellement). Elle est très fidèle à son territoire et même à son poste d’observation. Il est courant de la voir revenir sur le même buisson plusieurs années consécutives.

Au mois de mai, de retour de ses aires d’hivernage d’Afrique australe, elle est présente dans pratiquement toute la région excepté la vallée du Rhône et la basse Durance. Elle préfère éviter les zones trop chaudes et elle niche généralement à plus de 500 m d’altitude dans des milieux ouverts de prairies parsemées de buissons épineux.  On la rencontre depuis le moyen Var jusqu’aux altitudes de 2200 m dans les alpes du sud. On peut aussi l’observer dans le massif de la Ste Baume et aux environs du Castellet et de La Cadière dans des milieux de ronciers et de Chênes kermès. Dans ces zones, sa densité est d’un couple pour 1 ou 2 hectares, ce qui la rend assez aisée à repérer. Fin septembre, elle retourne vers ses quartiers d’hiver pour une absence de plus de sept mois.

La Pie-grièche méridionale

C’est la seule pie-grièche sédentaire des quatre. Elle est strictement inféodée au climat méditerranéen. La région PACA comprend seulement 2,5 % des effectifs nicheurs français. Le reste des effectifs européens se répartit entre le Languedoc (7,5 %) et la Péninsule ibérique (90 %). On la trouve  dans les milieux semi-ouverts parcourus par des élevages d’ovins ou sur les plaines arides et calcaires parsemées d’arbustes épars, de perchoirs et de zones de chasse (zones herbeuses, bords de chemin, rocailles).

Photo Philippe Langlois

Elle fréquente aussi les garrigues à Chênes kermès de nos collines jusqu’à 1300 m d’altitude. Dans le Var nichent seulement une dizaine de couples situés dans l’ouest du département, essentiellement dans le massif de la Sainte-Baume et sur les communes de Cuges et La Cadière. Elle est plus fréquente en plaine de Crau, dans les monts du Vaucluse, du Lubéron  et sur les rives de l’Etang de Berre.

Photo Philippe Langlois

Son observation est difficile en raison de son caractère farouche et sa faible densité de présence: en moyenne deux couples pour 100 hectares seulement ! !  De taille comparable à la P-G écorcheur, elle s’en distingue par un plumage moins coloré allant du blanc au noir, avec cependant le large masque caractéristique des mâles des quatre espèces et la pointe crochue du bec.

Photo Alain Hugues

La raréfaction des pies-grièche en France a conduit le Ministère de l’Environnement à mettre sur pied un Plan National d’Actions, avec pour principal objectif de déterminer une tendance démographique pour ces espèces, d’en localiser les principaux bastions et à terme de proposer des mesures de gestion orientées vers leur conservation. La prospection des Pies-grièches méridionales entre dans ce plan d’action (la P-g écorcheur n’est pas concernée). La LPO PACA participe activement tous les printemps depuis 2012 à cette prospection. Une quinzaine de zones des Alpilles à la Sainte-Baume ont été choisies.

Une demande de volontaires ayant été faite sur Faune-PACA,  Jean-Pierre Sourdril de notre groupe local et moi-même nous sommes portés volontaires. Un carré de prospection de 2 X 2 km nous a été attribué entre Cuges et Roquefort-La-Bédoule sur des collines se situant vers  400 m d’altitude dans un paysage de maquis et de garrigues. Deux sorties de prospection suivant un protocole précis ont succédé à deux sorties de reconnaissance de terrain. Avec une si faible densité, nous avions très peu de chance d’observer ne serait-ce qu’une seule P-G méridionale. C’est bien ce qui se passa : malgré le temps ensoleillé, le soin mis à scruter le sommet du moindre petit buisson, une répartition scrupuleuse de l’horizon entre nous deux, aucune pie-grièche ne daigna participer à la prospection. Nous sommes rentrés un peu dépités de n’avoir rien vu. Cependant un résultat nul est scientifiquement significatif de l’extrême rareté de l’espèce dans le carré choisi mais pas de son absence totale. Nous y retournerons.

Laurent Mifsud

PS : Je tiens à remercier Philippe Langlois et Alain Hugues pour l’autorisation de publier leurs belles photos ainsi qu’Olivier Hameau pour la carte des zones de prospection.

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