Le Marais du Bourget

Le 29 juillet 2012

(préparez-vous à une longue lecture)

9 personnes ont répondu présent à l’appel de Vanessa Fine pour le « camp de prospection informel au Marais du Bourget » (sic).

Nous nous retrouvons au local où nous observons -déjà- 2 Buses/Bondrées vers le Prorel.

Arrivés au parking du Marais du Bourget, un groupe de 3 fait « odonates » et un groupe de 6 fait « ornitho ». Ce groupe de 6 se séparera en deux groupes de 3 au carrefour du Bourget. Certains préfèrent aller rôtir côté sud ; nous, on préfère la fraîcheur de la zone humide. Nous voyons déjà Tariers des prés en très grand nombre (familles) tellement préoccupés par leurs jeunes qu’ils oublient d’être farouches (on les approche à 10 mètres), Bruants jaunes, un couple de Faucons crécerelles, un autre de Circaètes Jean-le-Blanc… ça commence fort !

Nous continuons notre périple dans la zone humide (il faut des bottes, et encore, même avec, certains réussissent à se mouiller les pieds !). Le milieu est très riche en oiseaux, en plantes et en arbres. Nous chercons les Chevaliers guignettes et culblancs dans les gravières, sans résultat. Mais un couple de Bergeronnettes grises bien sympathique se laisse bien observer. Nous voyons quand même 2 Fauvettes babillardes (un couple transporte de la nourriture pour les jeunes), 2 Fauvettes à tête noire et 2 Fauvettes des jardins. 2 Cassenoix mouchetés font un raffut de tous les diables dans le mélézin. Une famille d’environ 4 Chardonnerets élégants a été vue. Les Serins cinis sont bien présents (env. 5) et chantent à tue-tête. Germaine entend et voit un Venturon.

Vers 9h 20, Arsène Lepic (Pic noir) traverse le marais. Puis une Grive musicienne passe en vol et va se cacher dans la forêt.

Nous retrouvons le groupe « odonates » (non sans mal, des ruisseaux pleins de boue qui s’enfonce sont à traverser) de l’autre côté de la route (côté Bourget). Et nous rendons la longue-vue de Caroline qui nous a un peu cassé les pieds à tout le temps se dévisser !! Vanessa nous pose la question qui tue :

« -Est-ce-que vous avez déjà vu une seule libellule depuis le début de la sortie ?

– Euh… Non, qu’on lui répond.

– Eh bien nous non plus, c’est pour ça qu’on s’est mises aux papillons ! ».

Nous attrapons quelques beaux papillons (je suis incapable de vous citer les noms…) puis petit à petit, ça s’oriente plus sur les odonates. Audrey qui est de passage vient nous aider et nous partons à la recherche de petites pièces d’eau. Quelques minutes plus tard, Caroline nous dégote une belle libellule que nous n’arriverons pas à attraper (la poursuite nous a fait atterrir de l’autre côté de la route). Nous nous y installons en attendant le dernier groupe et, surtout, un odonate !

Cet odonate ne se fait pas attendre puisque un cri retentit : « J’en ai une ! » que nous crie Sophie ! Nous prenons le bel insecte et là, commence l’identification (qui dure plusieurs minutes). Le verdict est : CORDULIE ARCTIQUE, ou la 2ème donnée de cette espèce pour le département (la 1ère étant réalisée quelques mètres plus loin quelques mois auparavant !) !

Tout le monde est content et se met à chercher les libellules. Dans les ruisseaux, la zone humide, au bord de la Cerveyrette… Plusieurs (5 ou 6) sont vues et poursuivies (l' »odonatologie » est plus fatiguante que l’ornithologie !) mais aucune attrapée.

Le dernier groupe nous communique ses observations : Linottes, Bruants jaunes, Tariers des prés, et tout de même une obs’ surprenante, celle d’un Torcol fourmilier. Bien vu, en plus. Zut ! Une « coche » de ratée !

Après toutes ces émotions nous partons pique-niquer au bord du torrent (en compagnie d’un Longicorne) et nous ne nous privons pas pour une petite trempette des pieds, et quelques jeux amusants dans l’eau.

Après discussions, repas et jeux, nous montons en direction des Lacs des chiens -non sans avoir au préalable quitté les bottes, les sacs et observé le mâle de la Pie-grièche écorcheur– où il y a, paraît-il, beaucoup plus d’odonates. Arrivés à ces fameux lacs, les premières libellules ne se font pas attendre. Nous capturons Agrions porte-coupe (il y en a une trentaine autour des lacs) et Aeschnes des joncs (un gros anisoptère, ou libellule vraie). Nous nous séparons un peu à chaque lac et les belles captures arrivent : Leste dryade (espèce rare en PACA) ; Sympétrums jaune d’or (au minimum 3 dont un pas fini ; très rare en PACA) ; et 2 Sympétrums noirs (très rares). Il faut tenir les odonates par les ailes et l’identification est souvent peu aisée, comme pour le Leste dryade ou les Sympétrums… Pour l’agrion porte-coupe, il suffit de regarder le dessin du 2ème segment abominal qui dessine un verre à pied.

Après avoir capturé les trois-quarts 🙂 des libellules des 4 lacs, bien pataugé dans l’eau et dans les marais, nous continuons notre ascension vers les 4 lacs en-dessous du Rocher Renard. Germaine nous dégote un couple de Traquets motteux. Classique mais toujours amusant !

Nous arrivons au lac en compagnie d’une famille de Linottes mélodieuses sur des chardons (dans une mare asséchée). On commence les captures ; les libellules sont très nombreuses : Aeschnes des joncs (dont une sortant juste de son exuvie) ; une dizaine de Sympétrums jaune d’or ; au minimum 1 Sympétrum noir… Il n’y a pas énormément d’espèces mais elles sont présentes en nombre, et autour du lac le plus à l’est ça vole de partout, les trois-quarts des libellules y sont rassemblées.

A un moment (histoire étonnante), on entend, dans ce lac, un gros « SPLAAAAAAOUTCH » qui nous fait sursauter.

« – T’as entendu ?

– Quoi ?

– Bin, ce gros bruit, là… ploooouf !

– C’est quoi ?

La réponse ne se fait pas attendre puisque un poussin -déjà grand- non-volant de Canard colvert sort des roseaux et traverse le lac dans le sens de la largeur en pédalant sur l’eau comme un fou avec ses pattes ! Il PLONGE sous l’eau pour aller se cacher dans les herbes d’eau et pousse des petits cris stridents.

Nous nous sommes un peu dispersés autour du lac et au bout d’un moment ce sont 3 poussins de colverts, tous non-volants, qui courent dans tous les sens sur le lac !!! Et la femelle s’envole des herbes complètement à mes pieds, dans une gerbe d’éclaboussures. Elle disparaît dans la montagne (elle a dû se poser dans un ruisseau vers l’est) et nous, on en profite pour laisser la petite famille tranquille.

Conclusion : Les jeunes sont non-volants, donc la reproduction s’est déroulée dans un de ces 4 lacs à 2100 mètres d’altitude !

Grâce à cette sortie, je (et sûrement pas que moi) me mets aux odonates. Je trouve ça passionnant, merci à tous !

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