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La vallée du Calavon

Dimanche 15 mars 2026,

le Héron organisait une sortie publique dans la vallée du Calavon. Comme on ne ménage pas nos efforts au Héron, les participant-e-s avaient le choix entre deux options, un parcours cycliste de l’ancienne gare de Lumières à Apt par la véloroute et un parcours pédestre sur les terrasses de Goult puis les rives du Calavon. Deux sorties en une en quelque sorte.

Parcours cycliste

Sortie Ornitho-Vélo Lubéron le 15 Mars 2026 :

à la recherche de l’hirondelle qui fait le printemps !

J’avais commandé du grand beau temps ! Alors après une nuit à entendre le volet de la cuisine claquer à tout-va… et quand, en passant sur la rocade Sud, j’ai vu un énorme pin couché sur la voie, je me suis dit, que la météo avait encore quelque-chose d’assez incertain finalement… ce qui était assez rassurant ! Néanmoins, je ne la ramenais pas trop en voyant les textos et mails de désistement qui tombaient sur mon portable… car j’avais envoyé au petit matin, cette maxime bien connue des ornithos Avignonnais : « Mistral de Folie, n’arrête pas l’ornithologie !! »

C’est pourquoi, arrivés à Coustellet, quand on s’est rendu compte qu’il n’y avait plus un souffle d’air… je me suis dit qu’on avait bien fait de ne pas annuler… Surtout qu’en arrivant sur le parking de l’ancienne gare de Lumières, il y avait un Milan noir qui planait nonchalamment au-dessus de nous…et comme c’était le premier de l’année pour moi, finalement, ça commençait plutôt bien !

Toute l’équipe était presque là, fin prête, devant l’ancienne petite gare de Lumières. Une équipe, à la fois composée des fins limiers de la LPO vauclusien (les habitués du groupe d’Avignon, bien sûr, plus Jean-Luc et sa compagne, du groupe LMV, venus renforcés les effectifs décimés par le mistral) et une dizaine de personnes « extérieures » bien motivées et qui n’avaient pas renoncées. Bravo ! (Un autre petit groupe avait choisi de faire la balade à pied vers Goult et son joli moulin à travers les restanques plantés d’oliviers, mais nous ne les retrouverons qu’à la fin…). Le parc vélo est assez hétéroclite… ce n’était pas exactement la caravane du tour de France… mais ça commençait à y ressembler…ça allait du vieux VTT datant de la guerre au cyber-vélo électrique 2.0 (que tu te demandes où est-ce que qu’on met la dosette de café !). Allez zou, les vélos sont fin prêts…nous pouvons y aller, direction Apt, par la Vélo-route du Calavon. Cette dernière est une ancienne voie ferrée… c’est dire que ça ne montera pas trop. Elle longe le Calavon, en le traversant à différents points stratégiques, donc c’est plutôt relax coté vélo (surtout s’il est électrique !).

A propos de point stratégique, assez vite, on fait une petite halte auprès du Calavon et d’une marre au lieu dit la Virginière, c’est l’occasion d’évoquer le Pélobate cultripède (à vos souhaits), un petit crapaud assez rare et atypique qui s’enfonce dans le sol grâce à des « couteaux » qu’il a au droit de chaque pattes postérieure, et dont chant ressemble étrangement au cot-cot-cot de la poule… Le Parc du Lubéron fait de gros efforts pour suivre et protéger ce petit crapaud et les amphibiens d’une façon générale, car autant le dire, leurs populations sont dans un état critique voire en sursis. Un peu plus loin, le paysage s’ouvre…un troupeau de mouton pâture peinard, surveillé par 2 gros patoux patibulaires (et oui, les loups rodent ici la nuit !)… un héron cendré passe tranquillement au-dessus du troupeau ainsi qu’un faucon crécerelle qui nous gratifie de son vol stationnaire dit du Saint-Esprit…

Nouvelle petite halte un peu plus loin, au droit d’une haie et de grands arbres. On entend bien le Serin cini, puis le Bruant proyer, qui sont déjà très actifs à cette période de l’année. Assez vite, on parvient à les trouver à la jumelle. C’est l’occasion (d’essayer) de se mettre en tête, au moins 5 chants d’oiseaux courants… les 2 ci-dessus mais aussi la fauvette à tête noire, le rouge-gorge ou encore le chardonneret qui nous accompagnent depuis le début de la balade… (Bon, attention, interrogation écrite à la fin de la balade… là, tout à coup, ça rigole moins dans le groupe !). D’ailleurs, pour les cancres en chants d’oiseaux, je mets le lien à la fin de ce récit, des 2 applis de téléphone, sympas, qui vous permettront d’épater la galerie lors des pique-niques bucoliques en famille (sic !).

Nouvel arrêt à l’ancienne gare de Bonnieux… Beaucoup de personne du groupe ne connaissent pas la fondation « Blachère »… hé non ! ce n’est pas la fondation du roi de la baguette industrielle, mais celle de la famille des artificiers du Lubéron (Je fais semblant de la ramener, mais j’avoue que je ne le savais pas non plus 2 semaines avant !)… par contre, je me suis promis de revenir faire un tour dans ce musée qui met en avant l’art contemporain africain… apparemment, M. Blachère (l’artificier, pas le boulanger -faut suivre !-) était un grand voyageur, tombé amoureux de l’Afrique… et il a attrapé lors de ses périples un goût immodéré pour la création contemporaine de ce continent.

Mais revenons à nos oiseaux : ici pas trop de chants, bien qu’une bande de moineaux domestiques s’agite dans le toit de l’ancienne gare… mais Caramba, toujours pas d’hirondelles !

Arrivé à Apt, Jean-Luc a besoin de recharger les batteries… le reste du groupe poursuit et descend dans les ruelles de la vieille ville étrangement calme (c’est l’heure de la messe !). Ça contraste avec le samedi matin où se tient un marché très coloré et très animé (que je vous conseille vivement… ainsi qu’un arrêt à la librairie Fontaine !) … Dans les rues, on est bien content de constater que les génoises présentes sous les toits sont parsemées de nids d’hirondelle de fenêtre… bien qu’elles ne soient toujours pas revenues, c’est bon signe… Seule la place de la mairie est animée… c’est jour d’élection (1er tour des municipales) et le soleil inonde les terrasses de la place, où devant un petit ballon de blanc frais, les Aptésiens devisent sur les résultats à venir. C’est bien tentant de s’arrêter et d’imiter les habitants de la cité du fruit confit, mais l’heure tourne et ça risque de nous couper les pattes… De plus, il n’y a pas que l’heure qui presse…certaines ont également un besoin pressant ! … heureusement, on trouve assez vite au bord de la rivière une sanisette 2.0. mais payante ! Béatrice et Céline sont obligées de faire la manche auprès du groupe pour rentrer et se soulager… On arrête pas le progrès !

Allez, c’est l’heure de repartir… « je sais pas vous, mais il commence à faire faim, non ?« …Dans la précipitation et absorbé par l’observation de bergeronnettes de ruisseau sur le bord du Calavon, j’en oublie mon sac au pied des toilettes et quand je m’en aperçois, nous sommes déjà loin, … heureusement une bonne âme, en queue de peloton a eu pitié de moi … « Bon, en vrai, c’est pas tant pour le sac que cela me tracasse, mais c’est parce que dedans, il y a une surprise ! »

Nous voilà remontés sur la véloroute après un petit raidillon bien casse-patte !… Il commence à faire vraiment faim et dès la sortie d’Apt, un petit vent nous prend de face… le retour sera un peu plus dur ! c’est un fait !

Heureusement, le Pont Julien se profile bientôt… c’est l’endroit idéal pour le casse-croute… l’endroit est assez idyllique… On s’installe rive gauche sur les rochers… la vue sur ce vieux pont romain datant de l’an 3 avant J-C et situé sur la via domitia (merci Wikipédia !) est magnifique…dommage qu’on ne puisse pas se baigner ! (c’est encore un peu tôt !). On partage un repas en commun… chacun a apporté des victuailles que l’on met en commun… comme d’hab, il y a de quoi nourrir un régiment d’ornithologues affamés… Je sors les « surprises »… Un petit blanc moelleux en guise d’apéro et des guimauves au chocolat avec du café ! Que demande le peuple !!! Allez, mention spéciale pour le gâteau de Béatrice ! j’avoue !!

Photo – Sébastien Feutry

Question oiseau, c’est un peu le calme plat…Céline tente bien de nous motiver avec des hirondelles de rochers… (ah bon ?, on a des hirondelles qui sont là toutes l’année !… Et oui !)… Mais pas de rustiques !

Allez, il faut remonter sur les vélos, il y a encore un petit coup collier à donner. Une bande de choucas traîne dans un champ avec quelques Cochevis huppés… c’est le moment de faire un dernier arrêt et de parler des Corvidés… je suis toujours surpris de constater comment les corvidés ont toujours cette image d’oiseaux de mauvais augure alors qu’ils sont si intelligents…

Le retour est toujours aussi sympa… et rapide désormais…

Le Milan qui planait à notre départ est toujours là, et salue notre retour…

On retrouve nos collègues partis en rando… Ça avait l’air sympa aussi… Allez, c’est l’heure de retourner dans le vent vers Avignon et d’aller voter. On se dit qu’on a bien fait de braver le mistral… mais qu’on a pas vu la première hirondelle de l’année… Celle qui fait le printemps !! Pas de problème, ce sera pour la semaine prochaine !!!

Sébastien

🙂

Les applis « Oiseaux » (pour reconnaître les oiseaux par le chant)

BirdNET – Applications sur Google Play

Merlin Bird ID par Cornell Lab – Applications sur Google Play

PS : les 2 sont bien… peut-être Merlin plus facile d’usage, car elle distingue tous les oiseaux en même temps… mais elle se trompe parfois…

Et surtout si l’envie vous prend d’aller plus loin sur les oiseaux (qui en ont bien besoin !!!)…

tout est là :

Accueil LPO.fr – LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) – Agir pour la biodiversité

Parcours pédestre

Photo et composition – Rachida Kebiche

Départ du parking de Lumières, nous traversons l’Immergue et longeons la route quelques temps au milieu de parcelles cultivées. Oiseaux des villages et jardins, mésanges charbonnières et bleues se rassemblent autour d’une mangeoire bien garnie, les serins cinis lancent leurs gazouillis précipités depuis le sommet des arbres et les discrets verdiers font entendre leur chant étrange, assortiment de sons doux, flutés et de crécerelles.

Photo – Rachida Kebiche

Un milan noir passe, le premier de l’année !

Photo – Rachida Kebiche

Nous montons rapidement à travers les anciennes terrasses envahies par la forêt. Le « Huit huit » sonore de la sittelle torchepôt, la ritournelle du grimpereau des jardins et la cascade du pinson des arbres se font entendre et ne nous quitteront plus de notre balade sur les pentes de Goult. De curieux champignons en forme de bourses s’ouvrant en coupes à la surface du sol nous retiennent un moment. Il s’agit sans doute de la pézize du cèdre.

Arrivés sur la crête, nous approchons du village perché,

Photo – Rachida Kebiche

accompagnés par les fauvettes à têtes noires, fauvettes mélanocéphales et rougegorges familiers cachés dans les buissons. Nous prenons le temps d’admirer les nombreuses plantes et fleurs au bord du sentier, coronille, soucis, pensée sauvage, véronique, orchis géant, asperges sauvages, fragon petit-houx, nerprun alaterne, fumeterre officinale, euphorbe dentée, mercuriale, peigne de vénus, bellevalie douteuse, …

Photo – Rachida Kebiche

Sur les vieux mur en pierre sèche, capillaire trichomane, nombril de venus.

Photo – Rachida Kebiche

Nous arrivons sur la terrasse à l’entrée de Goult, accueillis par le rougequeue noir. Un faucon crécerelle vient se poser sur une antenne de télévision juste au-dessus de nous. Fournisseur de perchoirs, un des rares bénéfices de cette invention pour la biodiversité.

Photo – Rachida Kebiche

Nous redescendons au son du tchiff tchaff du pouillot véloce. Un grand rapace traverse l’horizon devant nous, ventre blanc mais la queue est sombre. Est ce l’un des premiers circaètes Jean le blanc de retour de migration ou l’un des rares aigles de Bonelli du Lubéron ? Porté par le mistral il est passé trop vite pour que nous puissions trancher.

Arrivé au gué de l’Immergue, nous constatons que le petit cours d’eau gonflé par les pluies de l’hiver est devenu un torrent infranchissable. Nous rebroussons chemin et regagnons Lumières par la route, non sans avoir profité du spectacle que nous offrent trois buses variables jouant avec le vent.

Photo – Rachida Kebiche

En descendant vers le Calavon pour piqueniquer nous apercevons un épervier qui part se cacher dans les pins au dessus de Lumières.

Pour terminer la journée, petite balade autour de la Virginière au bord du Calavon. Poule d’eau, Orites à longue queue dans les arbres et vols de nombreux passereaux au dessus des prairies (chardonnerets élégants, étourneaux sansonnets, serins cinis, pinsons des arbres).

Photo – Rachida Kébiche

Un pic vert ricane et nous rejoignons l’ancienne gare de lumière pour retrouver nos camarades cyclistes. Quinze heure, il est temps de rentrer pour aller voter.

Une balade vivifiante, où nous avons profité d’un paysage de garrigue inhabituel, verdoyant et saturé d’eau.

Christophe (texte) et Rachida (Photos)

Liste des espèces d’oiseaux vues et entendues durant la sortie :

  1. Milan noir
  2. Mésange bleue
  3. Mésange charbonnière
  4. Serin cini
  5. Héron cendré
  6. Faucon crécerelle
  7. Merle noir
  8. Etourneau sansonnet
  9. Pic vert
  10. Bruant proyer
  11. Grimpereau des jardins
  12. Moineau domestique
  13. Pigeon ramier
  14. Fauvette à Tête noire
  15. Fauvette mélanocéphale
  16. Rouge-gorge familier
  17. Cochevis huppé
  18. Bergeronnette grise
  19. Bergeronnette des ruisseaux
  20. Chardonneret élégant
  21. Hirondelle de rocher
  22. Choucas des tours
  23. Corneille noire
  24. Rouge-queue noir
  25. Épervier d’Europe
  26. Geai des chênes
  27. Verdier d’Europe
  28. Buse variable
  29. Pinson des arbres
  30. Sittelle torchepôt
  31. Orite à longue queue
  32. Gallinule poule d’eau

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