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Soirée plaisir du 4 Février 2013

singe Saïmirs

L’exposé de Guy Dubreuil a commencé par une présentation de la station de primatologie du CNRS située à Rousset sur Arc. Ce centre existe depuis 1969, il est depuis les années 90 dédié exclusivement aux primates non humains ( deux espèces de Babouins , une espèce de macaques : le rhesus, et une espèce du nouveau monde : le singe écureuil ). Chaque colonie dispose d’une animalerie intérieure et d’un parc ou d’une volière extérieure. Ces animaux proviennent tous de différents centres de primatologie, une partie des effectifs est destiné à la reproduction, tandis que certains individus non reproducteurs peuvent être impliqués dans des programmes de recherche scientifique en biologie fondamentale et en médecine. Depuis quelques années la Station de Rousset s’est beaucoup développée au sein de l’Organisme en devenant une plateforme scientifique d’explorations fonctionnelles de primates ouverte aux équipes de chercheurs du secteur public. Depuis 2005 plusieurs plateaux techniques de recherches ont été créés en particulier un laboratoire de diagnostic et de génétique disposant d’une biothèque, un plateau d’Anthropologie biologique ( étude du mouvement et en particulier de la bipédie ) et une plateforme de Psychologie cognitive comparée ( libre accès d’une colonie de babouins à des ordinateurs ). Les animaux sont surveillés scrupuleusement au plan sanitaire par deux médecins vétérinaires cliniciens spécialistes des primates, par un docteur en éthologie responsable du bien être et de l’harmonie sociale des différentes colonies de singes et par une dizaine de zootechniciens motivés et compétents .

Au cours de la deuxième partie de son exposé, Guy Dubreuil a parlé de l’intérêt des singes en tant que modèles en expérimentation.

Plusieurs points de la nouvelle directive européenne de 2010 sur l’expérimentation animale ont été explicités pour souligner les changements importants et les améliorations apportées dans les conditions d’expérimentation avec les animaux de laboratoire. Chaque étude est depuis le 1er Janvier 2013 autorisée ou refusée par une commission du Ministère de la recherche après avoir été validée par un comité d’éthique. Quelques exemples d’application de la règle des trois R comme la Réduction , le Remplacement et le Raffinement ont illustré le fait que les chercheurs en biologie sont aujourd’hui vivement sollicités pour démontrer la pertinence du modèle primate non humain choisi pour répondre aux questions scientifiques et sont aussi invités par la loi à présenter obligatoirement leur protocole de façon très détaillée pour une évaluation devant un comité d’Ethique animale agréé. Le champ de recherche impliquant ces modèles est limité actuellement à certains domaines précis comme par exemple celui de la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies humaines invalidantes incurables ou potentiellement mortelles. La très grande proximité génétique et physiologique des singes avec l’homme représente un intérêt scientifique incontournable et majeur en particulier pour l’étude de la pathogénie et la prévention des maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, la compréhension des mécanismes physio pathologiques et/ou la détection des pathologies émergentes virales telles que la pandémie du Sida ou encore dans le domaine de la vaccinologie la prévention des hépatites virales.

Ensuite les enjeux et les perspectives d’avenir du modèle primate non-humain ont été évoquées ainsi que la proximité des singes et de l’homme. Des travaux de biologie fondamentale en particulier dans le domaine de la génomique fonctionnelle doivent impérativement être conduites dans les prochaines années avant de pouvoir espérer se passer de ces précieux modèles. Le regard des chercheurs en biologie et en médecine a heureusement favorablement évolué ces dernières années : Les scientifiques ont tout a fait intégré depuis les années 70, la priorité qu’il faut donner au bien-être et au respect des animaux de laboratoire qui ne sont pas uniquement des sujets d’expérimentation. En conclusion, pour illustrer la proximité, les relations des Singes et des Hommes et pour évoquer la frontière entre humanité et animalité, voici une citation de Jacqueline et Albert Ducros :

« A l’animalité enfouie en l’Homme répond aussi une humanité cachée chez le singe. Hommes et Singes restent ces jumeaux que l’évolution a unis puis séparés et qui depuis ne cessent de se fuir et de se retrouver ».

Merci Guy

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