Une balade naturaliste de découverte des rives du Verdon dans le secteur de Castellane a été organisée samedi dernier (11 avril ) par le groupe local LPO VERDON. Un groupe d’une dizaine de personnes s’est réuni, sur la rive droite de la rivière, accompagné par Guillaume Durand, membre très actif de SOS Gorges du Verdon. Cette association a pour vocation la protection des milieux aquatiques et la promotion de la pêche de loisir. Guillaume est également guide de pêche professionnel.
Ce passionné de pêche, depuis l’enfance, nous a permis de découvrir et d’observer :
- les micro écosystèmes du lit du cours d’eau qui contribuent à la chaîne alimentaire aquatique (par exemple : les trichoptères, petites larves tubulaires vivant sous les galets de la rivière).
- Les insectes de surface dont les larves se développent en milieu aquatique.
- la lecture du courant de rivière d’eau vive, afin de repérer les zones, potentiellement, poissonneuses (présence de chapelets de bulles de surface).
- les frayères de truites et de chevennes (zones de petits graviers sur les berges protégées du courant, ou les poissons viennent déposer leurs œufs). Ces frayères se trouvent également dans les adous qui sont de micro-affluents à très faible courant.
Ces zones sont extrêmement fragiles et peuvent être détruites par le simple piétinement des humains, l’influence de la qualité du retraitement des eaux avec la présence d’algues brunes à certains endroits en aval de la station d’épuration.

Une démonstration de pêche à la mouche a également été réalisée par Guillaume, qui en a profité pour nous montrer son impressionnante collection de mouches de pêche. Il crée ses propres mouches à partir d’éléments de récupération (plumes, poils de chats, etc..) comme beaucoup de passionnés de cette pêche si délicate et vertueuse (puisqu’il remet à l’eau toutes ses prises).
Au cours des toutes ces découvertes, le débat s’est ouvert sur le constat de la raréfaction des populations de poissons dans cette zone du moyen Verdon. Selon les comptages effectués par les sociétés de pêche et l’Office Français de la Biodiversité, la population de poissons serait divisée par huit par rapport à celle des années 90. De même, la population de poissons en amont du barrage de Castillon est de 90 KG / hectare, alors qu’elle n’est plus que de 15 KG / hectare, en aval du barrage Chaudanne.
La causalité de ce phénomène fait débat et semble multifactorielle :
- variation brusque de débit d’eau en provenance de l’usine hydro électrique de Chaudanne (dont le débit minimum est 3 mètres cubes seconde). Ces variations, selon Guillaume, semblent délétères au bon développement des poissons.
- augmentation progressive, sur une trentaine d’années, de la fréquentation touristique non encadrée le long des berges du Verdon.
- le changement climatique alternant les périodes de sécheresses (concentration et réchauffement de l’eau, incompatible avec la vie et la reproduction des poissons) et les crues brutales qui poussent les populations de poissons vers le lac de Sainte Croix.
L’auditoire a manifestement été très satisfait de la présentation documentée de Guillaume qui a répondu à toutes les nombreuses questions . Expérience à renouveler !
Jean Michel Chaix
