Ce comptage a permis de recenser 6116 oiseaux pour 70 espèces. Les effectifs progressent donc légèrement, tandis que la diversité, elle, augmente nettement. Cette évolution traduit surtout l’intensification de la migration postnuptiale, désormais très marquée chez les limicoles, mais aussi chez les sternes et plusieurs autres espèces d’oiseaux d’eau.
Avec 20 espèces recensées, les limicoles connaissent une nette augmentation de leur diversité. L’Échasse blanche (537) reste l’espèce dominante du groupe et progresse fortement (344 le 16/07). La reproduction se poursuit encore avec 2 nids, 4 poussins et 17 oiseaux de première année. L’Avocette élégante (116) diminue en revanche par rapport au précédent comptage (166), mais 13 poussins et 3 oiseaux de première année sont toujours observés. Le Gravelot à collier interrompu (43) poursuit également sa diminution (59 le 16/07), avec encore 2 poussins recensés. Le Petit Gravelot (58) reste bien présent, tandis que le passage du Grand Gravelot n’est pas encore enclenché (7). Le passage des bécasseaux s’intensifie très nettement. Le Bécasseau cocorli (56) et le Bécasseau minute (43), absents du précédent comptage, font leur apparition en nombres importants. Le Bécasseau variable progresse aussi avec 57 individus, tandis que le Bécasseau de Temminck atteint 11 individus, contre 9 la semaine précédente. Les effectifs progressent pour de nombreuses autres espèces. Le Chevalier guignette atteint 156 individus (90 le 16/07) et devient l’un des limicoles migrateurs les plus abondants du comptage. Le Chevalier gambette (28), le Chevalier aboyeur (33), le Courlis corlieu (24) et le Chevalier culblanc (13) montrent des signes migratoires. À l’inverse, le Chevalier sylvain est le seul à diminuer (58 contre 99 individus le 16/07). Quatre Barges à queue noire et deux Vanneaux huppés complètent ce cortège diversifié.
Chez les laridés, les évolutions sont contrastées. Le Goéland leucophée augmente de nouveau fortement, passant de 1302 le 16/07 à 1655 individus. À l’inverse, le Goéland railleur connaît une chute importante, avec 484 individus (1 034 le 16/07). Cette diminution de plus de moitié confirme la dispersion rapide des familles vers la Camargue. Les effectifs de Mouette rieuse restent élevés et relativement stables (658 contre 674 le 16/07). La reproduction locale touche progressivement à sa fin, mais 2 nids et 8 poussins sont encore recensés. La Mouette mélanocéphale connaît en revanche une nette progression, avec 25 individus, principalement aux Pesquiers. Les effectifs de sternes reflètent également la transition entre la fin de la reproduction et la migration. La Sterne pierregarin (89) reste bien présente, avec encore 14 nids, 4 poussins et 4 oiseaux de première année. La Sterne naine diminue plus fortement, passant de 122 à 50 individus ; seuls 3 nids sont encore recensés. À l’inverse, la Sterne caugek progresse très nettement, avec 79 individus, tous observés aux Pesquiers. Cette augmentation traduit l’arrivée d’oiseaux espagnols (4 bagues lues) en dispersion. La présence de 7 Guifettes noires est aussi à signaler.
Chez les anatidés, le Tadorne de Belon progresse légèrement pour atteindre 150 individus (contre 132 le 16/07). La reproduction reste visible avec 4 poussins et 38 oiseaux de première année. Les effectifs du Canard colvert augmentent également (59 individus contre 38 le 16/07), alors que la migration postnuptiale est lancée avec 5 Canards souchets et 3 Sarcelles d’été.
Le Flamant rose poursuit sa progression avec 995 individus (830 le 16/07). Les effectifs restent répartis entre les Pesquiers (577) et les Vieux Salins (418). Les grands échassiers sont également en augmentation : 91 Aigrettes garzettes, 58 Hérons cendrés, 9 Hérons garde-bœufs, 1 Grande Aigrette et 3 Ibis falcinelles.
Parmi les autres observations, les rapaces présentent une diversité intéressante avec 2 Circaètes Jean-le-Blanc, un Épervier d’Europe, une Buse variable, un Balbuzard pêcheur et un Faucon pèlerin.
Enfin, le fait marquant de ce comptage est l’observation d’un Chevalier bargette aux Pesquiers. Cette espèce rare en France, niche principalement dans les vallées fluviales des régions boréales et subarctiques d’Eurasie, de l’Europe orientale jusqu’à la Sibérie.
Le prochain comptage aura lieu le jeudi 30 juillet 2026.