Tétras lyre © Aurélien AudevardTétras lyre © Aurélien Audevard

Le patrimoine naturel

La Réserve s’étend entre 1 600 m et 2 900 m d’altitude (Cime de la Condamine). Ce large gradient d’altitude ainsi qu’une grande variété du substrat géologique permettent aux Partias d’abriter un patrimoine floristique et faunistique d’une grande richesse.

 

La Réserve s’étend entre 1 600 m et 2 900 m d’altitude (Cime de la Condamine). Ce large gradient d’altitude ainsi qu’une grande variété du substrat géologique permettent aux Partias d’abriter un patrimoine floristique et faunistique d’une grande richesse.

 

Une faune fragile

Lagopede alpin © Robert BalestraParce qu’elles vivent dans un milieu aux conditions difficiles, certaines espèces sont très sensibles aux dérangements répétés, en particulier en périodes d’hivernage et de reproduction. La réserve naturelle régionale des Partias constitue une zone refuge importante pour l'avifaune alpine, 107 espèces d’oiseaux recensées dans le site, et particulièrement pour le Tétras lyre, le Lagopède alpin, la Perdrix bartavelle, la Chouette de Tengmalm, la Niverolle alpine, l'Hirondelle de fenêtre (avec une colonie d'une trentaine d'individus nichant à 2750m d’altitude !) ou encore le Monticole de roche.

Parmi les mammifères, seize espèces de chauve-souris d’intérêt communautaire ont été relevées dont : la Barbastelle, la Sérotine bicolore, la Sérotine de Nilsson et le Vespère de Savi. Des espèces typiquement montagnardes fréquentent le site : Hermine, Marmotte des Alpes, Lièvre variable ou encore Chamois. La Crossope aquatique (une musaraigne), bien que n’étant pas inféodée aux milieux d’altitude, est un mammifère d’intérêt patrimonial que l’on retrouve dans la réserve.

Le Lézard vert occidental a été observé en pleine pelouse d’alpage à 2350 m d’altitude. Il s’agit d’un record d’altitude, le précédent record étant de 2050 m dans les Pyrénées française et 2020m dans le Tessin suisse.
Parmi les amphibiens, le Crapaud commun et la Grenouille rousse, deux espèces protégées, sont également présents dans la réserve des Partias.

Enfin les insectes ne sont pas tous inventoriés sur le site mais on recense déjà un bon nombre d’espèces de papillons de jour notamment l’Apollon, le Semi-apollon, l’Azuré du Serpolet et le Damier de la Succise qui sont des espèces patrimoniales. Le Sympétrum noir et le Leste dryade, odonates d’intérêt communautaires, fréquentent les zones humides de la réserve. Quelques coléoptères, diptères, hémiptères et orthoptères (dont l’Analote des Alpes) ont été recensés.

Le dérangement du Tétras Lyre dans la réserve régionale des Partias

 

Une flore riche

Ancolie des alpes © H. ZellEnviron 520 espèces végétales ont été recensées dans la réserve naturelle régionale des Partias dont certaines sont rares et menacées. Plusieurs espèces font l’objet d’une protection nationale : l'Ancolie des Alpes (Aquilegia alpina), l’Androsace helvétique (Androsace helvetica), le Scirpe nain (Trichophorum pumilum) et la Potentille du Dauphiné (Potenilla delphinensis). Cette dernière est endémique des Alpes dauphinoises. Sa petite répartition et le faible nombre de populations en fait une espèce à surveiller de près ! Le Jonc arctique (Juncus arcticus), également présent dans la réserve, est protégé sur le territoire de la région PACA. Au moins 66 espèces sont inscrites au livre rouge national et/ou régional. Des espèces à l’admirable floraison, comme le Lis martagon et l'Edelweiss (Leontopodium) sont menacées par la cueillette.

Parmi les espèces végétales remarquables citons des espèces d'éboulis endémiques des Alpes occidentales comme la Campanule des Alpes (Campanula alpestris) et la Pensée du Mont-Cenis (Viola cenisia), des espèces arctico-alpines à répartition holartique ou euro-sibérienne liées aux bas marais et zones marécageuses tels que le Souchet compressé (Blysmus compressus) et la Grassette des Alpes (Pinguicula alpina), des espèces d'affinités steppiques inféodées aux pelouses sèches (Astragalus danicus, Stippa penata), des espèces rares présentes en France uniquement dans les Alpes méridionales (Gymnadenia corneliana).

 

Les milieux naturels

Réserve naturelle des Partias © Théo ThomasEtendue entre 1 600 à 2 940 mètres d’altitude, la réserve naturelle régionale des Partias couvre les étages montagnard, subalpin, alpin et arrive en limite du nival. L’ensemble des milieux naturels correspondant à cet étagement se retrouvent ainsi sur le site : forêt de mélèze, prairies montagnardes, landes et pelouses alpines et subalpines, tourbières de montagne (bas-marais), éboulis et falaises. De plus, la réserve naturelle abrite deux petits lacs de montagne.

 

La géologie

Sommets dans la RNR des Partias © Pierre RigauxL’intérêt géologique de la Réserve naturelle régionale des Partias réside dans la grande diversité des substrats rocheux (schistes cristallins plus ou moins métamorphisés, flysch noir, calcschistes planctoniques, calcaires du Jurassique moyen et supérieur riches en fossiles, calcaires dolomitiques triasiques, quarzites du Werfénien inférieur, grés du permien (Verrucano), grés et schistes du houiller…). Ces roches permettent de reconstituer l’histoire géologique alpine qui est celle d’une vaste plateforme continentale qui a vu un océan fonctionner en son sein, séparant Europe et Afrique avant de se refermer et disparaître.

De plus, le domaine briançonnais a subi une fracturation en plusieurs panneaux, lesquels se sont empilés à la faveur de charriages, de manière désordonnée, les uns par rapport aux autres, lors de la surrection de la chaine alpine. Les géologues ont l’habitude de parler d’un « pays de nappes ». La réserve naturelle des Partias se situe dans le domaine des nappes de charriage situé à l'Est du socle ancien formé par le massif des Écrins, dans un espace où l’empilement des nappes conduit au maximum de complexité.