De canicule en canicule, le sud de la France subit la crise climatique et écologique plus rapidement que dans les autres régions. Les hirondelles, si familières il y a encore 30 ans, sont devenues les témoins vivants de cette érosion de la biodiversité. En Provence, les recensements réalisés par la LPO ont montré que des villages où l’Hirondelle de fenêtre était commune sont maintenant désertés, avec des baisses de 20 % à 50 % des effectifs et parfois sa disparition pure et simple...

 

De canicule en canicule, le sud de la France subit la crise climatique et écologique plus rapidement que dans les autres régions. Les hirondelles, si familières il y a encore 30 ans, sont devenues les témoins vivants de cette érosion de la biodiversité. En Provence, les recensements réalisés par la LPO ont montré que des villages où l’Hirondelle de fenêtre était commune sont maintenant désertés, avec des baisses de 20 % à 50 % des effectifs et parfois sa disparition pure et simple...

 

Des habitats détruits

Nids d'hirondelles détruits © Daniel Jolivet CC BY 2.0La destruction de nids d’hirondelles et de martinets est souvent causée par des travaux de rénovation ou de réfection. La plupart du temps, les individus en charge des chantiers ne sont pas conscients de l’enjeu de préservation de ces espèces. Les hirondelles étant fidèles à leur nid, la destruction de leur habitat les désoriente et les contraint à trouver un nouveau lieu pour nidifier à leur retour de migration. Il arrive aussi que les hirondelles soient victimes de mauvaises intentions : la destruction volontaire des nids par intolérance est malheureusement récurrente.

 

Des ressources alimentaires limitées

TraitementLes hirondelles et les martinets sont des insectivores stricts. À titre d’exemple, un couple de martinets ramène près de 20 000 insectes par jour à leur nichée, c’est le plus naturel des insecticides. Or, l’utilisation des pesticides par l’agriculture menace fortement ces oiseaux. Les insectes disparaissent de plus en plus à cause de substances nocives, comme les antiparasitaires utilisés par les élevages près desquels les hirondelles ont l’habitude de vivre. Il est aussi possible que les oiseaux accumulent des métaux lourds et autres substances toxiques qui contaminent les insectes qu’ils consomment.

 

Des zones humides supprimées

Hirondelles rustiques récoltant de la boue pour construire leur nid © André SimonEn migration, on observe les hirondelles autour des plans d’eau comme les étangs. Ces insectivores profitent de la prolifération des insectes aériens au-dessus des zones humides. Aussi, les hirondelles construisent leur nid principalement à l’aide de boue ou d’argile ! C’est pour cette raison que l’assèchement des zones humides, qu’il soit dû au dérèglement climatique ou fait par l’Homme, constitue une menace supplémentaire pour ces oiseaux.

 

Un bâti non propice à la nidification

Architecture défavorable à la biodiversitéLes hirondelles construisent leur nid sous les génoises des avancées de toit (pour l’Hirondelle de fenêtre) ou dans les granges ou garages (pour les Hirondelles rustiques). Les martinets nichent sous les toits, dans les renfoncements entre les tuiles ou les anfractuosités des façades. Au vu des évolutions de l’architecture, beaucoup de nouvelles constructions ne permettent plus à ces espèces de nidifier. En effet, les toits plats ou les avancées de toits fermées et lisses ne leur sont pas favorables.

 

Un climat déréglé

Hirondelles rousseline © Sébastien GarciaEn temps normal, les hirondelles et les martinets partent pour leur grand voyage migratoire à la fin de l’été ou au tout début de l’automne. Or, les températures tardent de plus en plus à baisser : il peut désormais arriver qu’on observe en France des hirondelles en décembre ! Certaines se sont même mises à hiverner chez nous.