Marais des Estagnets © Sébastien GarciaMarais des Estagnets © Sébastien Garcia

Marais des Estagnets

Classé en réserve biologique depuis 1996

Propriété du Conservatoire du Littoral gérée par la commune d’Hyères et le Parc national de Port-Cros, ce site est situé à l’extrême sud du tombolo de Giens occidental et classé en réserve biologique depuis 1996 par arrêté municipal. Il montre une diversité d’habitats (marais temporaires, sansouires, dunes mobiles, zone de pistachiers lentisques et Tamaris) et une richesse faunistique et floristique remarquable (avifaune, flore rare et menacée, entomofaune patrimoniale). À l’origine d’eau douce, ce marais temporaire qui collecte naturellement les eaux de ruissellement du versant nord de Giens, a longtemps subi les intrusions marines liées au mauvais état de la dune. Depuis, elle a été reconstituée et protégée. La modification de son réseau pluvial par une urbanisation de masse a aussi engendré ce déséquilibre.

 

Inventaires naturalistes

Fauvette à tête noire © Aurélien AudevardDes recensements de l’avifaune y sont régulièrement effectués par la LPO PACA durant toute l’année. Un programme de baguage des passereaux y est effectué chaque année à l’automne.

Ce programme de baguage vise à caractériser et quantifier sur le long terme les stratégies de haltes migratoires des passereaux communs en France. Entre les épisodes de vol, les oiseaux migrateurs doivent s’arrêter pour se reposer et/ou reconstituer leurs réserves énergétiques (graisse) afin de pouvoir reprendre leur parcours migratoire. La connaissance des variations de stratégie de halte migratoire entre individus, espèces, années, ou sites est utile tant pour la compréhension scientifique du processus (notamment comment il est affecté par les changements globaux) que pour la conservation. Ce programme contribue à évaluer l’évolution sur le long terme de la qualité du réseau de sites de halte migratoire et sa contribution à la bonne conservation des populations migratrices.
Au cours de ces cinq années de 2014 à 2018, 8516 oiseaux de 56 espèces différentes ont pu être capturés sur les marais des Estagnets à Hyères.

De par sa situation géographique et sa diversité de milieux (roselières, Tamaris, buissons de Pistachier lentisque, d’Oliviers et zones d’eau douce et saumâtres), il s’avère qu’il est un site très intéressant pour les passereaux durant leurs haltes migratoires qui y trouvent aussi bien des insectes (diptères en masse), que des fruits (olives, drupes).

 

La Presqu’île de Giens, un passage obligé pour les migrateurs

Démaillage d’une Fauvette à tête noire qui sera baguée © Aurélien AUDEVARDLes contrôles et les reprises indiquent bien un axe nord-est / sud-ouest, décelé aussi les années précédentes sur les Salins d’Hyères par le biais de contrôles de bagues colorées sur les limicoles et les laridés.

Les oiseaux à l’automne traversent donc l’Europe centrale, contournent très probablement l’arc alpin par le sud, pour déboucher dans le nord de l’Italie et suivent finalement la côte en traversant Monaco et arrivent jusqu’à Hyères, où la presqu’île de Giens est une barrière naturelle à leur passage, les forçant à se poser dans les marais des Estagnets ou les Salins d’Hyères. Ce lieu de halte migratoire pour les laro-limicoles était déjà très attractif et connu, mais peu d’indices laissaient supposer que les passereaux pouvaient y faire eux aussi des séjours (parfois contraints). Après quelques jours de stationnements, ces migrateurs reprennent leur route en longeant tout le bassin méditerranéen français pour rejoindre l’Espagne et vraisemblablement l’Afrique.

Le bilan de ces opérations est particulièrement intéressant et montre que la presqu’île de Giens reste un passage obligé pour les migrateurs et que les marais des Estagnets sont un véritable piège à migrateurs très fréquenté à l’automne. Nous espérons poursuivre ces recherches dans les années à venir afin d’approfondir nos connaissances.