Rare, discrète et menacée, la Vipère d'Orsini fait l'objet d'un suivi scientifique mené par la LPO Provence-Alpes-Côte d'Azur dans les Préalpes d'Azur, dans les Alpes-Maritimes. L'objectif : mieux connaître cette espèce emblématique afin d'adapter les actions nécessaires à sa conservation.
Dans le cadre des missions menées par la LPO PACA, un suivi démographique de la Vipère d'Orsini (Vipera ursinii) est actuellement mis en œuvre dans cette zone, sur le secteur d'Andon, en moyenne montagne.
Un protocole scientifique pour mieux comprendre la population
Cette petite vipère est l'un des reptiles les plus rares et les plus menacés de France. Débuté en 2024 grâce au financement du Z Event, ce projet s'inscrit dans un programme de recherche de 5 ans visant à améliorer les connaissances sur cette espèce particulièrement discrète. Il est coordonné par Nicolas Fuento, herpétologue responsable du projet.
Une aire d'étude de 4 hectares, correspondant à un habitat favorable où des observations historiques de l'espèce avaient déjà été réalisées, a été sélectionnée afin d'y mettre en œuvre un protocole de Capture-Marquage-Recapture (CMR).
Cette méthode, largement utilisée en écologie, permet d'estimer la taille d'une population, de suivre son évolution au fil des années et d'étudier différents paramètres démographiques.
En France, tous les reptiles indigènes sont protégés. Leur destruction, leur perturbation intentionnelle ou la dégradation de leurs habitats sont interdites. Dans le cadre de programmes scientifiques autorisés par l'État, des captures et manipulations peuvent toutefois être réalisées sous dérogation préfectorale afin d'améliorer les connaissances nécessaires à leur conservation.
Pendant cinq jours, les prospections sont réalisées deux fois par jour : tôt le matin, de 7h à 11h environ, puis en fin de journée, de 17h à 20h, selon les conditions météorologiques.
La Vipère d'Orsini étant un reptile ectotherme, son activité dépend fortement de la température. Des conditions nuageuses, avec une certaine humidité et des températures modérées, sont idéales pour observer les individus lorsqu'ils sortent de leur gîte, souvent situé au pied des lavandes.
Une espèce rare et menacée
Malheureusement, la Vipère d'Orsini est aujourd'hui confrontée à de nombreuses pressions. La plus petite vipère de France possède un régime alimentaire très spécialisé puisqu'elle se nourrit quasi exclusivement d'orthoptères, tels que les criquets, les grillons et les sauterelles.
Son domaine vital est relativement restreint. Elle se déplace peu, principalement pour se nourrir et se thermoréguler, tandis que les mâles parcourent parfois de plus grandes distances durant la période de reproduction.
Les populations sont fragilisées par la fermeture progressive des milieux ouverts, conséquence de l'abandon des pratiques agricoles extensives. Le développement des activités touristiques et de loisirs, qui coïncident avec sa période d'activité, augmente également les risques de dérangement.
À cela s'ajoutent d'autres facteurs tels que le changement climatique ou le surpâturage, qui compliquent davantage la conservation de l'espèce et de son habitat.
Les échanges entre populations restent très limités en raison des faibles capacités de dispersion de l'espèce et du relief montagnard, dont les vallées constituent de véritables barrières naturelles.
Participer à la connaissance et à la conservation de l'espèce
L'avenir de la Vipère d'Orsini demeure incertain. Pourtant, une équipe de scientifiques et de bénévoles se mobilise chaque année pour améliorer les connaissances sur cette espèce et contribuer à sa préservation.
Un grand merci à Nicolas Fuento, à son stagiaire Jean-Baptiste Rico, étudiant en dernière année de Master Biologie, Écologie et Évolution, ainsi qu'à l'ensemble des bénévoles mobilisés sur ce projet.
Le suivi se poursuivra jusqu'en 2027 afin de mieux comprendre l'évolution de cette population et d'orienter les actions de conservation les plus adaptées. Chaque donnée collectée contribue à améliorer les connaissances sur l'un des reptiles les plus menacés de France.
La LPO Provence-Alpes-Côte d'Azur remercie chaleureusement l'ensemble des bénévoles, partenaires et participants engagés pour la préservation de cette espèce emblématique des Alpes-Maritimes.
Vous souhaitez participer aux prospections ?
La dernière session de l'année 2026 se déroulera du 7 au 11 septembre.
Pour plus d'informations, contactez Nicolas Fuento : nicolas.fuento@lpo.fr


