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Fuligule milouin © Aurélien AudevardLe ministère de la Transition écologique soumet un projet d'arrêté qui autoriserait, pour la deuxième année consécutive, la chasse du Fuligule milouin avec un quota de 5000 oiseaux pour la saison 2026-2027. Pourtant, les recommandations scientifiques européennes appellent toujours à suspendre la chasse.

Donnez un avis DÉFAVORABLE avant le 19 août 2026. 

Le Fuligule milouin est un canard plongeur dont les populations européennes ont fortement décliné ces dernières décennies. 

Le ministère de la Transition écologique soumet un projet d'arrêté qui reconduit, pour la deuxième année consécutive, un quota national de prélèvement de 5000 Fuligules milouins pour la saison 2026-2027. Si le projet d'arrêté se prévaut d’une gestion dite « adaptative », il ne respecte pas les recommandations formulées par les experts européens chargés d'accompagner le rétablissement de l'espèce.

Les scientifiques ne recommandent pas la reprise de la chasse

Les travaux les plus récents de la Task Force on the Recovery of Birds (TFRB), mandatée par la Commission européenne, montrent que la population reste fragile. 

D’après leurs conclusions, si la restauration des habitats constitue la priorité à long terme, la réduction de la mortalité liée à la chasse demeure aujourd'hui la mesure la plus efficace pour favoriser le rétablissement de l'espèce. 

Ainsi, les experts ne recommandent pas une reprise progressive des prélèvements. Au contraire, ils préconisent une interdiction complète de la chasse, ou au minimum du prélèvement des femelles, tant que la population ne montre pas des signes clairs de rétablissement.

Un projet d'arrêté incompatible avec l'état de conservation du Fuligule milouin

Ce projet d’arrêté retient uniquement l'amélioration récente de certains indicateurs démographiques, mais écarte les recommandations qui l'accompagnent. 

Le projet prévoit certes que le prélèvement des mâles soit « privilégié ». Mais cette mesure n'est qu'une simple recommandation : rien n'interdit réellement le tir des femelles, pourtant identifié par les scientifiques comme le paramètre ayant le plus fort potentiel d'augmentation du taux de croissance de la population. 

Par ailleurs, aucune politique nationale ambitieuse de restauration des habitats de reproduction n'a été engagée, alors que les experts européens rappellent que cette condition est indispensable au rétablissement durable de l'espèce. 

Dans ces conditions, la LPO considère que le projet d'arrêté ne permet pas de garantir que les prélèvements envisagés sont compatibles avec l’état de conservation du Fuligule milouin.

Exprimez-vous avant le 19 août.

La consultation publique est ouverte à tous. Quelques phrases rédigées avec vos propres mots suffisent pour que votre contribution soit prise en compte. 

Chaque participation compte. Plus les citoyens seront nombreux à demander que les décisions publiques s'appuient réellement sur les connaissances scientifiques, plus nous aurons de chances de faire évoluer ce projet d'arrêté. 

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Besoin d'aide pour rédiger votre contribution ?

Vous pouvez reprendre, avec vos propres mots, les principaux arguments suivants : 

  • Les scientifiques ne recommandent pas la reprise de la chasse. Les experts européens préconisent une interdiction complète, ou au minimum une interdiction du prélèvement des femelles, tant que les populations ne sont pas durablement rétablies.
  • L’interdiction de la chasse reste le levier le plus efficace à court terme. Les travaux scientifiques montrent que réduire les prélèvements améliore rapidement les chances de rétablissement de l'espèce.
  • Le quota de 5000 oiseaux n'est pas conforme aux recommandations scientifiques. Les modélisations montrent qu'un quota nul est le seul scénario garantissant un taux de croissance positif de la population.
  • Le tir « préférentiel » des mâles n'est pas une protection suffisante. Cette recommandation mentionnée dans l’arrêté n'est pas contraignante et ne permet pas d'empêcher le prélèvement des femelles.
  • Les habitats continuent de se dégrader. Les actions de restauration, pourtant jugées indispensables par les experts européens, restent largement insuffisantes.
  • Le projet ne retient qu'une partie des conclusions scientifiques. Il met en avant l'amélioration de certains indicateurs, mais ignore les conditions posées par les experts pour envisager une reprise de la chasse. 
  • Une espèce menacée n’a pas vocation à être chassée. Tant que le Fuligule milouin demeure menacé, aucune chasse ne devrait être autorisée, la priorité doit être le rétablissement durable de ses populations. 

Source LPO

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