Face à l'assèchement des zones humides en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la LPO PACA demande le report de l'ouverture anticipée de la chasse aux oiseaux d'eau prévue le 21 août 2026 jusqu'à l'ouverture générale de la chasse fixée au 13 septembre 2026.
La sécheresse extrême que connaît actuellement notre pays est l'une des plus intenses observées depuis plusieurs décennies. Selon l'Office français de la biodiversité (OFB), près d'un cours d'eau sur deux (43 %) est aujourd'hui en assec ou en rupture d'écoulement, illustrant l'ampleur de la crise hydrique qui touche également les zones humides.
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les oiseaux d'eau et les premiers migrateurs se concentrent aujourd'hui sur les derniers sites encore favorables. Salins, étangs, lagunes et zones humides littorales jouent un rôle essentiel de refuge pour de nombreuses espèces. On y retrouve des espèces chassables comme certains canards et limicoles, mais également de nombreuses espèces protégées telles que les hérons, aigrettes, spatules blanches, cigognes ou encore flamants roses. Cette concentration des oiseaux sur des surfaces réduites accroît considérablement leur vulnérabilité. Déjà fragilisés par les difficultés d'accès à l'eau et à la nourriture, les individus doivent pouvoir bénéficier de conditions de quiétude suffisantes pour faire face aux épisodes de chaleur et poursuivre leur migration dans les meilleures conditions possibles.
Dans ce contexte, l'ouverture anticipée de la chasse aux oiseaux d'eau le 21 août entraînerait un dérangement supplémentaire et des prélèvements sur des populations déjà soumises à de fortes pressions environnementales. Alors que la situation climatique ne peut être maîtrisée, le report de cette ouverture constitue une mesure concrète et immédiate en faveur de la préservation de la biodiversité.
Dans ce contexte exceptionnel, la LPO PACA appelle les pouvoirs publics à reporter l'ouverture anticipée de la chasse aux oiseaux d'eau jusqu'à l'ouverture générale de la chasse prévue le 13 septembre 2026.
Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Alors que nous connaissons une situation de sécheresse intense, l'ouverture de la chasse des oiseaux d'eau entraînerait un massacre et un dérangement sans précédent de l'ensemble de la faune sauvage qui se concentre sur les derniers points d'eau. Le vivant est en souffrance, il impose que le gouvernement prenne les mesures de décence. C'est aussi cela s'adapter au changement climatique. »
Source : LPO