Publiée en 2026 dans la revue scientifique internationale Avocetta, puis en version française dans Faune-PACA Publication, une étude au long cours révèle la grande diversité des proies du Faucon pèlerin et l’influence des saisons et des milieux sur son alimentation.
Une étude scientifique et naturaliste à découvrir dans cette nouvelle publication Faune-PACA !
Des proies nombreuses, des oiseaux de petite taille en majorité
Entre 1995 et 2024, les auteurs ont analysé 87 échantillons de restes de proies collectés sur six îles : Pomègues, Maïre, Jarre, Plane, Riou et Planier. Au total, 4 483 proies appartenant à 180 espèces ont été identifiées, révélant un régime alimentaire particulièrement diversifié.
Sans surprise pour un rapace qui chasse principalement en vol, les oiseaux représentent près de 100 % des proies identifiées. Les passereaux insectivores constituent le groupe le plus consommé en nombre, devant les phasianidés, notamment la Caille des blés, et les apodidés, qui regroupent les martinets. Parmi les espèces les plus fréquemment identifiées figurent également l’Étourneau sansonnet, la Grive musicienne et la Tourterelle des bois. Les colombidés, dont les pigeons et les tourterelles, jouent un rôle important dans le bilan énergétique du Faucon pèlerin : ils représentent à eux seuls environ un quart de la biomasse des proies consommées.
Une alimentation qui évolue selon les saisons
Le régime alimentaire varie au fil de l’année. Pendant la période de reproduction, les martinets, les phasianidés et les colombidés sont davantage représentés. En dehors de cette période, les grives et les étourneaux prennent une place plus importante. Ces variations illustrent la capacité du Faucon pèlerin à exploiter les ressources disponibles localement, notamment dans un secteur situé sur une importante voie de migration des oiseaux.
Des différences entre les îles et un signal à surveiller
La proximité du milieu urbain semble également jouer un rôle. Sur l’île de Pomègues, située près de Marseille, la richesse et la diversité des proies sont plus élevées que sur les îles plus éloignées et inhabitées. Les martinets et les passereaux insectivores y sont davantage représentés, tandis que les cailles et les colombidés occupent une place moindre.
Autre résultat marquant : la Caille des blés montre un déclin au cours des trente années étudiées. Cette évolution pourrait refléter des changements dans les populations de proies et leur disponibilité, même si le régime alimentaire du Faucon pèlerin ne permet pas, à lui seul, d’en déterminer les causes.
Un suivi précieux pour comprendre les écosystèmes méditerranéens
En documentant les proies du Faucon pèlerin sur trois décennies, cette étude met en évidence la souplesse alimentaire de l’espèce et les liens étroits entre ce prédateur, les populations d’oiseaux et les milieux qu’ils fréquentent. Elle souligne aussi l’intérêt des suivis à long terme pour mieux comprendre les évolutions de la biodiversité, en particulier dans les espaces insulaires méditerranéens.
Un grand merci à Yves KAYSER, Marion FIORENTINO, Elie GAGET et Patrick BAYLE pour la qualité et la rigueur de ce travail !
Pour aller plus loin : Kayser, Y., Fiorentino, M., Gaget, E. & Bayle, P. (2026). Diet composition and diversity of the Peregrine Falcon Falco peregrinus over 30 years on coastal Mediterranean islands, France. Avocetta, 50 : 31 p.
