À l’occasion du Jour de la Nuit, le 10 octobre 2026, la Ville de Marseille a officiellement lancé « l’Appel de la Nuit », son Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) consacré à la biodiversité nocturne.
Cette démarche, qui se déploiera au cours des trois prochaines années, ambitionne de mobiliser les Marseillaises et les Marseillais autour d’un patrimoine naturel encore largement méconnu : la vie sauvage qui s’éveille lorsque la ville s’endort.
Rapaces nocturnes, chauves-souris, insectes et bien d’autres espèces vivent en effet au rythme de la nuit et trouvent à Marseille une grande diversité de milieux où s’alimenter, se déplacer et se reproduire. Mieux connaître cette biodiversité constitue une étape essentielle pour mieux la prendre en compte et la préserver.
Une soirée pour remettre la nuit au cœur de nos préoccupations
Pour inaugurer cette démarche, une conférence-débat intitulée « Pour une nuit plus belle à Marseille ! » a permis au public de découvrir les espèces nocturnes présentes sur le territoire marseillais et d’échanger plus largement sur l’importance de l’obscurité et la préservation de l’environnement nocturne.
Cette soirée a notamment été l’occasion d'aborder les effets de la pollution lumineuse, mais également de rappeler que la nuit constitue un environnement à part entière, indispensable au fonctionnement des écosystèmes et au cycle de vie de nombreuses espèces.
Aux côtés de la Ville de Marseille, les différents partenaires mobilisés dans le cadre de cet ABC nocturne étaient réunis pour partager leurs connaissances, leurs expériences de terrain et leur passion pour la biodiversité :
la Ligue pour la Protection des Oiseaux Provence-Alpes-Côte d’Azur (LPO PACA) ;
le Groupe Chiroptères de Provence (GCP) ;
le Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur (CEN PACA) ;
le Cerema, Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement.
Cette diversité de compétences permettra d’étudier la nuit marseillaise sous différents angles et de mieux comprendre les interactions entre biodiversité, éclairage artificiel et aménagement du territoire.
À la rencontre de la vie sauvage marseillaise
Le lancement de « l’Appel de la Nuit » ne s’est pas limité à la conférence. Tout au long du week-end, différentes animations et sorties de terrain ont permis au public de partir directement à la rencontre de la biodiversité nocturne.
La LPO PACA a notamment proposé plusieurs sorties consacrées aux rapaces nocturnes du territoire.
Au cœur du Parc national des Calanques, les participants ont ainsi pu partir sur les traces du Grand-duc d’Europe, le plus grand rapace nocturne d’Europe et une espèce emblématique des paysages rocheux méditerranéens.
Changement d’ambiance dans un parc municipal marseillais, où une seconde animation était consacrée à la Chevêche d’Athéna, petite chouette caractéristique des paysages ouverts et semi-ouverts.
Deux espèces, deux milieux et deux manières différentes d’occuper la ville et ses espaces naturels, qui illustrent toute la richesse de la biodiversité marseillaise.
Ces sorties ont également été l’occasion d’élargir le regard. Car lorsque le jour décline, ce n’est pas seulement le monde des rapaces nocturnes qui s’anime.
Toute une communauté d’espèces entre progressivement en activité, révélant une facette différente du patrimoine naturel de Marseille.
Mieux connaître la nuit pour mieux la protéger
Au-delà de ce week-end de lancement, « l’Appel de la Nuit » ouvre désormais trois années de mobilisation, d’observations et de partage des connaissances autour de la biodiversité nocturne marseillaise.
Pour la LPO PACA, cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions conduites en partenariat avec la Ville de Marseille en faveur de la connaissance et de la préservation de la biodiversité.
Elle doit permettre à chacun de porter un autre regard sur la ville une fois la nuit tombée et de prendre conscience d’un enjeu parfois oublié : l’obscurité est elle aussi une composante essentielle de notre environnement.
Préserver la biodiversité nocturne suppose donc de mieux connaître les espèces qui nous entourent, les milieux qu’elles utilisent et les continuités dont elles ont besoin, mais également de réfléchir collectivement à la place que nous souhaitons laisser à la nuit dans un territoire urbain comme Marseille.
Avec « l’Appel de la Nuit », les trois prochaines années seront ainsi l’occasion d’observer, de comprendre, de sensibiliser et d’agir pour que Marseille reste aussi une ville vivante lorsque les lumières s’éteignent.



