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Vol de grues © André SimonChaque année, le ciel de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est traversé par des milliers d’oiseaux migrateurs. Au printemps comme à l’automne, ces déplacements spectaculaires rappellent l’importance de notre territoire dans les grandes routes migratoires européennes. Comprendre ces mouvements et les documenter est essentiel pour protéger ces espèces et les milieux dont elles dépendent.

Les migrateurs de passage dans le ciel provençal

La région PACA se situe sur un axe migratoire majeur reliant l’Afrique et l’Europe du Nord. Cette migration saisonnière permet alors d’observer plusieurs groupes d’espèces chaque année :
Parmi les espèces les plus remarquables figure la Grue cendrée, facilement reconnaissable à sa grande taille et ses cris puissants qui résonnent parfois très haut dans le ciel. Les grues se déplacent souvent en formations caractéristiques en « V » ou en lignes, permettant d’optimiser leur vol lors de ces longues migrations. Après avoir passé l’hiver au Maghreb, en Espagne ou au Portugal, les Grues cendrées commencent leur migration prénuptiale vers le nord de l’Europe, leur site de reproduction, à la mi-janvier. Le retour sur les sites d’hivernage se fait à partir du mois d’octobre.

Carte du couloir migratoire de la Grue cendrée (Grus grus) en France © LPO Champagne-ArdenneEn France, l’espèce est essentiellement migratrice, ce sont les conditions météo qui peuvent provoquer des haltes temporaires dans les plaines agricoles de notre région. Pourtant, depuis plusieurs années, une partie des populations nord-européennes restent hiverner en Camargue. Un comptage hivernal est organisé toutes les années depuis 2003-2004 par la Tour du Valat sur une dizaine de sites camarguais afin d’évaluer le nombre de Grues cendrées hivernantes dans ces zones humides.

Au début des suivis, environ 200 individus étaient recensés. Ce nombre est ensuite passé à 3 600 en 2012, puis à environ 15 500 en janvier 2018. Le dernier comptage, réalisé en janvier 2025, a quant à lui dénombré près de 39 800 grues cendrées hivernant en Camargue. Des chiffres impressionnants pour une espèce qui n’est, à l’origine, que de passage dans nos campagnes. Cette augmentation des populations de Grues cendrées peut s’expliquer par :
- La croissance des populations européennes grâce aux politiques de protection,
- Les habitats favorables, protégés et offrant une ressource alimentaire abondante
- L’évolution des routes migratoires
- Le changement climatique

Marouette ponctuée © Aurélien AudevardLa grue n’est toutefois pas la seule migratrice visible à cette période. Certains rapaces sont également des migrateurs, comme le Milan noir, la Bondrée apivore ou le Circaète Jean-le-Blanc, qui profitent de l’arrivée de beaux jours pour revenir nicher en France. Les passereaux comme les Hirondelles de fenêtre et rustiques, Rougequeues à front blanc ou encore la Fauvette passerinette, arrivent par vagues successives, annonçant le retour du printemps. La présence de ces différentes espèces dépend étroitement de la disponibilité en ressources alimentaires comme les reptiles ou les insectes.
Enfin, les limicoles et oiseaux d’eau, tel que les Chevaliers, Bécasseaux ou encore les Marouettes (grandes stars du moment pour les ornithologues) profitent des zones humides du sud de la France pour faire étape.
Ces migrations constituent un phénomène naturel fascinant, mais aussi un indicateur précieux de l’état des populations et des écosystèmes, ainsi que de la capacité des oiseaux à trouver des habitats favorables tout au long de leur route migratoire.

L’importance de l’enregistrement des données dans les bases de données

Grues cendrées en vol © Aurélien AudevardObserver les oiseaux est une première étape, partager ces observations permet d’aller beaucoup plus loin. Chaque observation, même ponctuelle, contribue à une meilleure connaissance des flux migratoires. La plateforme Faune-PACA permet aux naturalistes, bénévoles et citoyens d’enregistrer leurs observations d’oiseaux et d’autres espèces sauvages. Ces données contribuent à une base nationale qui alimente de nombreux programmes scientifiques.

En PACA, ces informations sont particulièrement précieuses pour :
• Suivre l’évolution des dates de passage, un indicateur sensible du changement climatique.
• Identifier les zones de halte migratoire, souvent menacées par l’urbanisation ou l’intensification agricole.
• Suivre les couloirs migratoires et détecter des phénomènes inhabituels, comme des déviations de route, des retards ou des afflux exceptionnels.
• Suivre l’évolution des populations pour renforcer les actions de conservation, en orientant les efforts vers les secteurs les plus stratégiques.
Chaque donnée saisie enrichit une base collective qui bénéficie à l’ensemble du réseau naturaliste.

L’exemple de l’Atlas de la Biodiversité Communale de Venelles

Migration de Grues cendrées au-dessus de Venelles © Natercia FulconisÀ Venelles, l’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) illustre parfaitement l’importance de l’observation citoyenne dans l’amélioration des connaissances naturalistes. Une habitante de la commune a récemment signalé le passage de Grue cendrée au-dessus du territoire, une belle donnée à ajouter dans cet Atlas !
Ce type d’observation, partagé par des habitants attentifs à la nature qui les entoure, contribue directement à enrichir les données disponibles sur la biodiversité locale. Les informations recueillies permettent de mieux documenter les passages migratoires, d’identifier les espèces observées sur la commune et d’alimenter les inventaires réalisés dans le cadre de l’ABC.
Les Atlas de la Biodiversité Communale, accompagnés par la LPO PACA, reposent ainsi sur une démarche participative associant collectivités, naturalistes et citoyens. En encourageant chacun à observer et à partager ses données, ces projets permettent de mieux connaître la biodiversité du territoire et de sensibiliser les habitants aux enjeux de sa préservation.

Le programme « Vol de nuit » à Marseille

Logo programme vol de nuitÀ Marseille, un ABC est lancé cette année avec pour thématique centrale l’étude de la Trame noire, c’est-à-dire la préservation des continuités écologiques nocturnes indispensables à de nombreuses espèces. Dans ce cadre, une attention particulière est portée notamment à la migration nocturne des oiseaux.
Ce projet s’inscrit dans le programme « Vol de nuit », un dispositif de sciences participatives reposant sur une méthode de suivi acoustique standardisée. Ce protocole a été développé conjointement par la LPO, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), Biophonia et Trektellen. Il repose sur l’enregistrement des cris de vol émis par les oiseaux migrateurs durant la nuit. L’analyse des données recueillies permet d’identifier les espèces en migration, de préciser les périodes de passage et les secteurs concernés, et ainsi de mieux comprendre les routes migratoires empruntées par les oiseaux.

Bihoreau gris © André SimonDans ce cadre, plusieurs enregistreurs acoustiques seront installés à différents points du territoire marseillais. Ils fonctionneront chaque nuit durant la période de migration printanière, du 15 mars au 15 mai, afin de capter les vocalisations des oiseaux passant au-dessus de la ville. Les enregistrements collectés seront ensuite analysés afin d’identifier les espèces présentes.
En complément de ce suivi, un travail bibliographique sera mené afin d’approfondir les connaissances sur les trajectoires empruntées par les oiseaux migrateurs et sur les facteurs susceptibles d’influencer leurs déplacements. Une attention particulière sera portée aux effets de la pollution lumineuse, susceptible de perturber l’orientation des oiseaux. L’ensemble de ces travaux contribuera à améliorer la compréhension des interactions entre migration et environnement urbain nocturne, et ainsi alimenter les réflexions sur la préservation de la Trame noire à l’échelle de la ville.

Participez à l’observation et au suivi de la migration

Observations naturalistes © Anaëlle FranciaLe phénomène migratoire (on parle de migration prénuptiale en fin d’hiver), témoignant de l’arrivée du printemps, est surtout un moment clé du cycle de vie de nombreuses espèces. Ces observations sont précieuses pour la conservation des populations d’oiseaux et des habitats.
Si vous observez un passage d’oiseaux migrateurs, pensez à le signaler sur Faune-PACA. Votre observation peut contribuer à améliorer la connaissance de la biodiversité et à soutenir les actions de protection menées par les associations et les scientifiques.

La migration est également l’occasion de participer à des actions naturalistes sur le terrain. La LPO PACA organise régulièrement des camps de migration, des camps de prospection dédiés à certaines espèces migratrices, ainsi que des sorties naturalistes et conférences pour mieux comprendre ces phénomènes fascinants. Ces initiatives peuvent aussi s’inscrire dans le cadre des Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) que la LPO PACA accompagne sur le territoire, avec le soutien financier de l’Office Français de la Biodiversité et technique de la Métropole d'Aix-Marseille, en permettant d’améliorer les connaissances sur les espèces présentes et les dynamiques de migration à l’échelle locale.
Pour découvrir les prochains rendez-vous près de chez vous, consultez l’Agenda.

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