La Pie-grièche méridionale (Lanius meridionalis)
La Pie-grièche méridionale est une espèce endémique de la péninsule ibérique et du sud de la France qui compte parmi les rares espèces de notre avifaune nicheuse menacées d’extinction au niveau mondial (Vulnérable, Birdlife international, 2017). Elle est typique des milieux méditerranéens ouverts à semi ouverts, le plus souvent pâturés. Elle apparaît aussi dans les milieux ruraux de plaine souvent situés à proximité de garrigues et caractérisés par la présence de buissons (ronces surtout), de perchoirs et de zones de chasse. Les effectifs nicheurs en France sont compris entre 764 et 1 272 couples (HERVE & al., 2024). Cette espèce est largement sédentaire. Quelques individus sont observés en hiver en dehors de la zone méditerranéenne (Sud-ouest de la France).
En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette espèce niche dans les garrigues ouvertes de Basse-Provence, les coussouls de Crau et les agrosystèmes d’altitude (600 – 1000 m) dominés par les cultures sèches et l’élevage ovin (plateaux calcaires de l’arrière-pays provençal : Albion, Lure, Puimichel, Valensole, Canjuers, Calern, Caussol). La population nicheuse régionale est estimée à 429-629 couples (HERVE & al., 2024). Le département des Bouches-du-Rhône accueille à lui seul entre 40 % et 50 % de l’effectif nicheur national de cette espèce.
La Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator)
Elle occupe en région méditerranéenne certaines garrigues basses et pelouses sèches, entretenues par des troupeaux, mais elle habite également des vignobles de coteaux ou de plaine qui présentent une mosaïque fine où s’imbriquent friches, haies et lambeaux de garrigue. En dehors du midi méditerranéen, les milieux classiques sont représentés par des vergers pâturés à hautes tiges ou des secteurs de bocages consacrés à l’élevage. C’est une espèce migratrice transsaharienne qui hiverne au Sahel. La population nicheuse en France compte 3 190-5 455 couples (HERVE & al., 2024) et sa régression se poursuit.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette Pie-grièche a connu un très fort déclin depuis les années 1980 et ses effectifs sont actuellement estimés à moins de 100 couples (HERVE & al., 2024). Le dernier bastion réside dans le centre Var (Plaine des Maures et Colle du Rouet) ; ailleurs les couples nicheurs restent épars.
La Pie-grièche à poitrine rose (Lanius minor)
Adaptée à des climats caractérisés par des étés chauds et secs, cette espèce orientale est originaire des steppes faiblement arborées. Elle s’est bien adaptée à une agriculture présentant une mosaïque de petites parcelles et comprenant presque toujours des cultures avec un sol pratiquement nu (vignes, …) ainsi que des zones herbeuses. Les arbres, indispensables pour héberger les nids, sont isolés ou constituent des vergers, de petits bosquets clairs et des alignements le long de routes et de chemins. C’est une espèce migratrice au long cours qui hiverne en Afrique australe. Ce passereau a connu une régression constante depuis un siècle, avec une accélération manifeste à partir des années 1960-1970. Le dernier couple s’est reproduit en France en 2019.
En Provence, cette pie-grièche a disparu comme nicheuse régulière de son dernier bastion en plaine de Crau à la fin des années 1980. Elle ne fait plus maintenant l’objet que de très rares observations dans la région.
La Pie-grièche grise (Lanius excubitor)
Oiseau de la taïga claire, l’espèce s’est bien adaptée en Europe centrale et occidentale à des paysages semi-ouverts marqués par une agriculture extensive, de type polyculture-élevage. Elle apprécie les secteurs plats ou en pente douce offrant une alternance de zones plus ou moins ouvertes et de zones plus denses. Ces milieux sont dominés par des prairies, très souvent pâturées et ponctuées de structures verticales qui fournissent des sites d’installation de nids et les indispensables perchoirs : bosquets, plantations, vergers, allées d’arbres, etc. Cette pie-grièche est visible en France toute l’année et notre pays héberge en hiver des oiseaux venant du nord et du nord-est de l’Europe.
Comme beaucoup d’espèces des milieux agricoles, la Pie-grièche grise a connu une forte régression à partir des années 1960. Le bastion actuel se situe dans le Massif central, en Auvergne notamment. La population de cette pie-grièche est estimée en France à 878-1 574 couples nicheurs (HERVE & al., 2024). Cette Pie-grièche ne niche pas en région Provence-Alpes-Côte d’Azur où seuls de rares hivernants sont observés chaque année.
La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio)
Beaucoup plus répandue que les quatre autres espèces, « l’écorcheur » habite une très large gamme de milieux agricoles pâturés avec présence de buissons épineux isolés, de haies ou de ronciers. L’espèce tend à se regrouper en agrégats de population assez denses. Il s’agit d’une espèce migratrice au long cours qui hiverne dans l’est et le sud-est du continent africain. La population française est estimée entre 244 100 et 752 000 couples (HERVE & al., 2024). La tendance des effectifs sur la période récente est difficile à évaluer et semble différente selon les régions.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, bien que nicheuse dans les six départements, cette pie-grièche est absente des plaines cultivées et l’essentiel des effectifs occupe l’étage montagnard entre 500 et 1 500 mètres d’altitude. Les résultats régionaux du programme STOC – non significatifs car l’espèce est trop peu contactée –signalent la Pie-grièche écorcheur en déclin modéré.