Depuis 2019, la Réserve Naturelle Régionale des Partias fait l’objet d’un protocole de suivi national des petites chouettes de montagne. Voici un résumé de la mise en œuvre et des résultats des deux sessions de prospection.
Qui sont les petites chouettes de montagne ?
La Chouette de Tengmalm (ou Nyctale de Tengmalm) et la Chevêchette d’Europe sont deux espèces de petites chouettes associées aux climats froids. On les trouve dans des forêts plutôt denses, âgées et riches en proies. Leur présence est donc souvent indicatrice d’une exploitation nulle ou raisonnée du milieu, et plus généralement d’une forêt fonctionnelle.
La Chevêchette d’Europe est le plus petit rapace nocturne du continent, sa longueur n’excède pas les 20 cm et son envergure moyenne est de 35 cm. Elle est reconnaissable par son plumage supérieur brun-gris ponctué de blanc et à son plumage inférieur blanc strié de brun. Ses yeux jaunes sont surplombés de sourcils blanc marqués. Comme certaines autres espèces de son Genre, la Chevêchette d’Europe présente une “fausse-face” blanche plus ou moins marquée au niveau de la nuque. Ce motif jouerait un rôle de défense. Son chant est une suite régulière de notes aigus, courtes et flutées.
La Chouette de Tengmalm est un peu plus grande que la Chevêchette. Sa longueur peut atteindre les 30 cm et son envergure est comprise entre 55 et 60 cm. On la reconnait à ses gros yeux jaunes son masque facial très marqué aux contours bruns, qui donnent à cet oiseau un air “étonné”. Le dessus est brun avec quelques taches blanches, tandis que la partie inférieure est blanchâtre et tachetée de brun. Son chant est composé de plusieurs séries rapides de 5 à 8 sons aigus assez flués.
Le protocole
La méthode utilisée est un protocole standardisé à l’échelle nationale, il a été mis au point par la LPO et l’ONF pour recenser efficacement les populations de petites chouettes. Elle se fait en deux sorties espacées d’au moins 15 jours au moins de mars à avril.
Dans la réserve, le protocole s’articule autour d’un transect composé de 5 points. Il commence deux heures avant le coucher du soleil au niveau du premier point. À l’aller, ce sont les Chevêchettes qui sont recensées. L’équipe fait ensuite une pause et attend la tombée de la nuit, puis fait le transect dans le sens inverse pour la Chouette de Tengmalm.
Chaque point fait l’objet d’un arrêt de 10 minutes mêlant repasse et écoute. Chaque contact avec l’une des deux espèces est référencé. On note l’heure, la direction et la distance approximatives. S'il s’agit d’un contact visuel, on peut noter le sexe ou encore le comportement de l’oiseau. Il est également intéressant de noter une activité inhabituelle des passereaux pendant la repasse. En effet la Chevêchette étant une prédatrice pour les plus petits oiseaux, ces derniers peuvent mettre en place collectivement ce que l’on appelle du mobbing (ou harcèlement en français) pour tenter d’intimider la petite chouette. Ce comportement peut donc être un signe de la présence de l’espèce.
Ce protocole doit être effectué lorsque la vitesse du vent est inférieure à 10 km/h, ce qui permet de mieux entendre les chants. Il faut aussi qu’il ne pleuve pas car les petites chouettes chantent beaucoup moins en cas de précipitations.
Nous rappelons que la repasse doit être utilisé avec parcimonie, en effet cette méthode simule la présence d’un rival sur le territoire, pour trouver ce rival, les males peuvent dépenser beaucoup d'énergie et s’exposer à la prédation. Le mâle peut également devenir agressif avec ses congénères. Il faut donc au maximum limiter cette pratique aux protocoles officiels.
Les résultats
Cette année, le premier passage a été plutôt positif avec une Chevêchette chanteuse. L’espèce n’avait pas été entendue au printemps depuis l’année 2021, elle était toujours contactée à l’automne. La Chouette de Tengmalm est quant à elle, restée muette pendant les deux sorties, elle a cependant été entendue hors protocole.
Les conditions météorologiques ont rendu l’organisation de ce protocole relativement compliqué cette année. En effet les importantes chutes de neiges rendaient le terrain trop dangereux pour intervenir durant la période d’activité vocale maximale de ces deux espèces. Les pluies importantes à la fin du mois d’avril ont également pu dissuader les mâles de chanter.
Malgré ce bilan mitigé, les deux espèces restent présentes dans la réserve.
