Au crépuscule, lorsque les villages s’apaisent, la Chevêche d’Athéna et l’Effraie des clochers entrent en scène. Longtemps familières de nos campagnes, ces chouettes font partie des espèces communes, une nature proche de nous mais aujourd’hui fragilisée par la transformation du bâti et l’appauvrissement des milieux agricoles.
Pour répondre à cet enjeu, la LPO agit. En région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, elle déploie le programme « Une Chouette, Un Village » et lance, à partir du mardi 21 avril, une campagne de financement participatif pour permettre à chacun d’agir concrètement en faveur de la biodiversité locale.
Pourquoi les chouettes ont besoin de notre aide ?
La Chevêche d’Athéna et l’Effraie des clochers jouent un rôle essentiel dans la régulation naturelle des populations de petits mammifères. Leur présence est aussi un bon indicateur de la qualité des paysages agricoles et ruraux.
En région PACA, la situation est préoccupante. Les suivis menés par la LPO PACA montrent que les effectifs de Chevêche d’Athéna ont diminué d’environ 25 % en une quinzaine d’années. L’Effraie des clochers est quant à elle aujourd’hui classée « En danger » sur la liste rouge régionale.
La rénovation des bâtiments, souvent indispensable, rend cependant les granges, clochers et combles inaccessibles à ces oiseaux. Parallèlement, la disparition des haies et des prairies réduit leurs zones de chasse. Sans intervention, ces chouettes risquent de ne plus trouver les conditions nécessaires pour se reproduire.
Une Chouette, Un Village : des solutions simples et efficaces
Le programme « Une Chouette, Un Village », coordonné au niveau national par la LPO France, repose sur des actions concrètes et éprouvées :
- installer des nichoirs adaptés aux besoins de chaque espèce, pour compenser la disparition des cavités naturelles dans le bâti ;
- restaurer les milieux agricoles, notamment par la plantation de haies, essentielles pour la biodiversité et les ressources alimentaires des chouettes ;
- sensibiliser et associer les habitants, les agriculteurs, les collectivités et les bénévoles à la protection de ces espèces.
À l’échelle nationale, ce programme prévoit l’installation de 3 000 nichoirs et la restauration de nombreux kilomètres de haies, en lien étroit avec les territoires.
Un engagement concret de la LPO PACA sur le terrain
En Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, la LPO PACA met en œuvre ce programme dans le cadre du Plan national d’actions en faveur de la Chevêche d’Athéna, avec une attention particulière portée aux Bouches‑du‑Rhône et au Vaucluse, où subsistent encore des populations d’Effraie des clochers.
Les objectifs régionaux sont clairs :
- Installer 120 nichoirs (100 pour la Chevêche d’Athéna, 20 pour l’Effraie des clochers) ;
- Assurer un suivi scientifique sur plusieurs années, pour mesurer l’efficacité des actions ;
- Recréer ou restaurer 400 mètres de haies, en lien avec les acteurs locaux.
Ces actions sont menées par les salariés et bénévoles de la LPO PACA, en concertation avec les propriétaires, agriculteurs et collectivités.
Une campagne participative pour agir ensemble
Pour aller plus loin et renforcer ces actions de terrain, la LPO PACA lance une campagne de financement participatif. Les fonds collectés permettront de financer directement la fabrication et la pose des nichoirs, la plantation de haies et le suivi des chouettes sur le long terme.
Chacun peut contribuer, selon ses moyens. Derrière chaque don, il y a un geste concret pour préserver des espèces locales et les paysages qui les accueillent.
Soutenir, mais aussi partager
Soutenir cette campagne, c’est agir pour la biodiversité de proximité. C’est aussi un moyen de participer à une démarche collective, fondée sur la connaissance scientifique, l’indépendance associative et la coopération avec les territoires.
Relayer l’initiative autour de soi, sur les réseaux sociaux ou auprès de ses proches, est également un geste précieux. Plus cette action sera partagée, plus son impact sera fort.
Protéger les chouettes de nos villages, c’est préserver un patrimoine naturel commun et contribuer à maintenir des campagnes vivantes, riches et accueillantes pour la biodiversité.