Le mercredi 27 avril 2026, la LPO PACA se trouvait au Palais de Justice à Marseille pour une audience concernant une affaire de prises de vue non autorisées et de dérangement du Loup gris par une société de production dans le Parc national des Calanques. Au regard de l’absence de condamnations des prévenus, le procureur a fait un réquisitoire avec des sanctions à visée pédagogique.
Des prises de vue du loup sans autorisation
Dans le cadre de la réalisation d’un film documentaire animalier sur les conséquences des dérèglements climatiques, un caméraman qui travaillait pour une société de production a voulu réaliser des images du Loup gris, dont la présence est connue dans le Parc National des Calanques. Cependant, de telles prises de vue nécessitent une autorisation auprès du Parc. Après un refus d’autorisation, le caméraman a tout de même posé des pièges-photo en 2025 à proximité des lieux de rendez-vous des loups, c’est-à-dire là où sont élevés les louveteaux. De plus, il a réalisé un affut dans la nuit du 5 au 6 septembre 2025.
Un dérangement avéré
Pourtant, Nicolas Rossignol, garde-moniteur au Parc national des Calanques, explique, pendant cette audience, que la présence humaine, y compris la pose de pièges-photo, à proximité des tanières ou des lieux de rendez-vous peut déranger l’espèce et donc compromettre l’occupation du loup à moyen ou long terme. En effet, l’odeur humaine peut être perçue à partir d’une dizaine de mètres, particulièrement lorsqu’il y a un vent fort, ce qui était le cas lors de l’infraction.
Une condamnation à vocation pédagogique
Ainsi, de nombreuses associations de protection de l’environnement comme la LPO PACA, FNE 13 et One Voice se sont constituées partie civile dans le cadre de ces infractions. Les sanctions demandées par le procureur de la République à l’encontre des prévenus sont à visée pédagogique :
- 8 000€ d’amende avec sursis pour la société de production ;
- 4 000€ d’amende avec sursis pour la réalisatrice du film ;
- 3 000€ d’amende avec sursis pour le caméraman.
Le dérangement d’origine anthropique reste une réelle problématique en période de reproduction pour la faune sauvage, et ceci dans le cadre de nombreuses activités. Par exemple, pour l’exercice des activités de pleine nature, la plateforme Biodiv’sport répertorie les zones de présence de la faune et de la flore sauvages sensibles au dérangement d’origine anthropique.