Ce comptage a permis de recenser 4647 oiseaux pour 82 espèces, traduisant une nouvelle diminution des effectifs dans un contexte de migration prénuptiale désormais bien avancée.
Les limicoles demeurent bien représentés avec une diversité encore élevée (21 espèces), bien que les effectifs globaux soient en recul. L’Avocette élégante (432) constitue désormais l’espèce dominante, très majoritairement concentrée aux Vieux Salins (386), confirmant la mise en place du noyau reproducteur avec 133 nids recensés. L’Échasse blanche (140) reste également bien présente sur les deux sites, avec 9 nids observés. Le Chevalier sylvain (124) demeure l’un des limicoles les plus abondants, avec une répartition relativement équilibrée entre les deux secteurs. Le Grand gravelot (137) constitue l’un des faits marquants de ce passage, traduisant un pic migratoire notable. Le Bécasseau minute (113) reste bien représenté, principalement aux Pesquiers, tandis que le Bécasseau de Temminck (19) atteint un chiffre record pour le site, accompagné du Bécasseau cocorli (34), illustrant la poursuite du passage des petits limicoles. Le Gravelot à collier interrompu (44) se maintient à un niveau satisfaisant, avec 6 nids recensés et une famille accompagnée de 3 poussins, traduisant une reproduction engagée. Enfin, signalons la présence d’un Œdicnème criard, espèce toujours discrète sur les salins.
Chez les laridés et sternidés, les effectifs restent élevés mais montrent des signes de structuration avancée. Le Goéland leucophée (1259) demeure largement dominant, concentré aux Vieux Salins (986). Le Goéland railleur (708) poursuit sa progression et confirme l’implantation d’un noyau reproducteur aux Vieux Salins avec 116 nids recensés. La Mouette rieuse (171) est en diminution mais reste bien présente, avec une installation bien marquée aux Pesquiers (9 nids) et aux Vieux Salins (7 nids), cette dernière constituant une nouveauté dans l’histoire des salins. Les sternes affichent une activité soutenue avec la Sterne pierregarin (55), accompagnée de la Sterne naine (37), dont les effectifs sont en nette augmentation, ainsi que de la Sterne hansel (1).
Les anatidés sont désormais très minoritaires, confirmant la fin de l’hivernage. Le Tadorne de Belon (345) reste néanmoins bien représenté, tandis que le Canard colvert (49) et le Canard souchet (2) sont présents en faibles effectifs.
Les Flamants roses (219) poursuivent leur diminution marquée, avec une présence désormais quasi exclusive aux Pesquiers.
Enfin, la migration des passereaux et espèces associées se poursuit mais à un rythme nettement ralenti. Le passage des Hirondelles de rivage (112) et des Hirondelles rustiques (116) reste toutefois soutenu, tout comme celui des Martinets noirs (49). Les Bergeronnettes printanières (24) sont encore présentes, bien qu’en diminution.
Quelques migrateurs transsahariens complètent ce cortège, avec notamment le Guêpier d’Europe (19), ainsi que des effectifs modestes de Traquets motteux (14), de Tariers des prés (10) ou d’Alouettes calandrelles (2).
À signaler enfin l’observation d’un Bécasseau falcinelle du 27 au 29/04 sur le salin des Pesquiers, espèce remarquable en France. Ce limicole niche dans les régions boréales de Scandinavie et de Russie, et hiverne principalement en Afrique de l’Est et en Asie du Sud. Le prochain comptage aura lieu le jeudi 07/05/2026.