Le 23 juin 2026, les équipes de la LPO PACA, de la Tour du Valat et de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), accompagnées de nombreux bénévoles, ont mené une importante opération de baguage des poussins de Goéland railleur aux Vieux Salins d’Hyères.
Cette journée marque une étape majeure dans l’histoire récente des Salins d’Hyères. Pour la première fois, une importante colonie de Goélands railleurs s’est installée aux Vieux Salins, avec 440 couples nicheurs ayant produit près de 750 poussins. Au cours de cette opération, 400 poussins ont pu être bagués, offrant une précieuse opportunité d’améliorer les connaissances sur cette espèce patrimoniale.
Une espèce emblématique des lagunes méditerranéennes
Le Goéland railleur est l’un des oiseaux les plus caractéristiques des lagunes et des salins méditerranéens. Spécialiste des milieux saumâtres, il se nourrit principalement de petits poissons et d’invertébrés aquatiques qu’il capture dans les eaux peu profondes.
Espèce migratrice, il bénéficie d’un statut de protection élevé à l’échelle nationale et européenne. Classé Vulnérable sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France, il figure également à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, témoignant de l’importance des actions de conservation menées sur ses principaux sites de reproduction.
Une saison de reproduction marquée par un déplacement des colonies
Depuis plusieurs années, les Salins d’Hyères accueillent une part importante de la population nicheuse régionale de Goélands railleurs. Historiquement, les colonies se sont principalement développées sur le Salin des Pesquiers.
Mais au printemps 2026, la présence répétée de sangliers sur plusieurs secteurs de nidification a fortement perturbé les colonies de laro-limicoles. Face à ces dérangements, une part importante des oiseaux s’est reportée vers les Vieux Salins, où les îlots de nidification ont offert des conditions particulièrement favorables.
L’installation de 440 couples nicheurs, représentant la plus importante colonie jamais observée sur ce secteur, démontre la capacité d’adaptation de l’espèce lorsque des habitats de qualité sont disponibles.
Quatre cents poussins bagués pour préparer la conservation de demain
Le baguage constitue un outil scientifique indispensable pour mieux comprendre la biologie du Goéland railleur.
Au cours de cette opération, 400 poussins ont été équipés d’une combinaison de bagues colorées et métalliques permettant leur identification individuelle à distance. Les futures lectures de bagues renseigneront les scientifiques sur la dispersion des jeunes après l’envol, leur survie, leur fidélité aux sites de reproduction ainsi que les échanges entre les différentes colonies méditerranéennes.
Ces données alimentent les programmes de suivi à long terme et permettent d’adapter les mesures de gestion en faveur de cette espèce emblématique.
Une démonstration de la résilience des Salins d’Hyères
Au-delà des chiffres, la saison 2026 apporte un enseignement majeur.
Le report d’une grande partie des colonies vers les Vieux Salins montre combien il est essentiel de disposer de plusieurs secteurs de reproduction fonctionnels au sein d’un même complexe lagunaire. Lorsqu’un site devient temporairement défavorable, les oiseaux doivent pouvoir trouver rapidement des habitats de substitution leur permettant de mener leur reproduction à terme.
Cette saison illustre ainsi l’importance de multiplier, restaurer et préserver les îlots de nidification, tant sur l’ensemble des Salins d’Hyères qu’à l’échelle régionale. Ce réseau d’habitats constitue aujourd’hui un élément clé de la conservation non seulement du Goéland railleur, mais également de nombreuses autres espèces de laro-limicoles qui partagent les mêmes exigences écologiques.
Une mobilisation collective au service de la biodiversité
La réussite de cette opération repose sur l’engagement des équipes de la LPO PACA, de la Tour du Valat, de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, ainsi que sur la mobilisation de nombreux bénévoles venus prêter main-forte lors de cette journée.
Grâce à ce travail collectif, plusieurs centaines de jeunes Goélands railleurs contribueront, au fil des années, à améliorer les connaissances sur cette espèce et à orienter les futures actions de conservation sur les zones humides méditerranéennes.


