La France suffoque, déborde, s’épuise. En quelques mois à peine, notre pays a connu des canicules à répétition, des pluies inédites provoquant des inondations historiques, et des crises sanitaires touchant à la fois les élevages et la faune sauvage. Les alertes sont là, partout, tangibles.
Au moment même où ces signaux devraient imposer lucidité et responsabilité, les débats parlementaires sur la loi d’urgence agricole prennent une direction inverse. Une direction qui inquiète profondément.
Face à ce constat, une mobilisation citoyenne est en cours. Il est urgent de la rejoindre.
Ce que nous vivons n’est plus une alerte : c’est une bascule
- 70 % des haies ont disparu
- 50 % des zones humides ont été détruites
- 25 % des prairies permanentes ont disparu
- 70 à 80 % des insectes ont décliné en quelques décennies
- –32,5 % d’oiseaux des milieux agricoles
Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Ils racontent la disparition progressive des équilibres qui rendent la vie possible, et l’agriculture viable.
Ils racontent aussi un système qui s’est construit contre le vivant et qui en paie aujourd’hui le prix.
Une loi à contre-sens de l’histoire
Au lieu d’engager une transformation en profondeur, le projet de loi d’urgence agricole entérine des reculs majeurs. Il rouvre notamment la porte aux néonicotinoïdes, ces pesticides pourtant responsables d’impacts massifs sur les insectes et les oiseaux, tout en affaiblissant des protections essentielles pour l’eau potable et les milieux naturels.
Dans le même mouvement, il encourage des pratiques qui accentuent la pression sur la ressource en eau, facilite la dégradation d’écosystèmes déjà fragilisés et conforte un modèle agricole intensif dont la vulnérabilité est désormais évidente.
Ce choix n’est pas neutre. Il consiste à ignorer les faits, à détourner le regard des causes profondes et à repousser encore les solutions dont nous avons urgemment besoin.
Pesticides : l’aveuglement n’est plus une option
La pétition en cours alerte avec force sur la réintroduction de substances comme l’acétamipride. Son mécanisme d’action est connu : il agit sur le système nerveux. Des travaux scientifiques ont mis en évidence des effets préoccupants, notamment sur le développement cérébral, et sa capacité à franchir des barrières biologiques essentielles soulève des inquiétudes majeures.
Mais au-delà de la santé humaine, c’est tout un tissu vivant qui est menacé. Les pollinisateurs, déjà en déclin massif, sont directement affectés. Or sans eux, une grande partie de notre agriculture devient tout simplement impossible.
La question n’est plus de savoir si ces impacts existent. Elle est de savoir combien de temps nous accepterons de les ignorer.
Une opposition citoyenne claire et déjà massive
L’an passé, plus de 2,3 millions de personnes s’étaient mobilisées contre le retour des néonicotinoïdes. Aujourd’hui, la pétition relancée réaffirme cette opposition avec une clarté sans ambiguïté : non, ce modèle n’est plus acceptable.
Elle rappelle une évidence trop souvent oubliée : nous ne pouvons pas continuer à empoisonner nos sols, notre eau et notre propre santé, tout en prétendant répondre à la crise agricole.
Elle porte une exigence forte : abandonner ce projet de loi, sortir de la dépendance aux pesticides de synthèse, s’appuyer pleinement sur les connaissances scientifiques indépendantes et engager une transition agricole capable de concilier production, biodiversité et dignité pour les agriculteurs.
Il est encore temps d’agir
Les décisions prises aujourd’hui façonneront durablement notre avenir. Elles détermineront notre capacité à produire une alimentation de qualité, à préserver notre santé, à maintenir des paysages vivants et à faire face aux dérèglements climatiques.
Nous ne pouvons plus nous permettre des choix à courte vue.
Agir, aujourd’hui, c’est refuser l’irréversible. C’est rappeler que la société civile est attentive, informée et mobilisée.
Signez. Partagez. Mobilisez.
Signez la pétition et faites-la circuler largement.
Chaque signature compte. Chaque relais amplifie le message. Chaque mobilisation renforce le poids du collectif face aux décisions politiques.
Parlez-en autour de vous, diffusez-la sur vos réseaux, engagez la discussion : c’est ainsi que les lignes peuvent bouger.
Défendre le vivant, maintenant
À la LPO, nous le savons : une agriculture respectueuse de la biodiversité, résiliente face aux crises et viable économiquement est possible. Elle existe déjà, portée par de nombreux agriculteurs.
Mais elle ne pourra devenir la norme sans un signal fort.
Ce signal, c’est aussi le vôtre. Aujourd’hui, il commence par une signature.