La chevêche d’Athéna

Observatoire inter-parc

Observatoire de la Chevêche d'Athéna dans le parc naturel régional du Luberon - Année 2011

Contexte : La Chevêche d'Athéna, une « espèce non prioritaire au statut précaire »

Chevêche d'AthénaEn préambule, il convient de rappeler la fragilité et l'ambiguïté du statut de la chevêche en France. En effet, si cette espèce maintient tant bien que mal ses effectifs dans certaines régions, c'est en partie grâce aux actions de protections déployées par des associations et/ou des collectivités locales (Parcs naturels régionaux). La pose des nichoirs, l'entretien des trognes, la plantation d'arbres fruitiers compensent localement la raréfaction des sites de nidification tandis que la protection des jeunes, l'obturation des poteaux creux et des cheminées, la sécurisation des abreuvoirs sont autant de mesures qui permettent de limiter la mortalité accidentelle des oiseaux.


La chevêche était encore récemment considérée en France comme une espèce en déclin par la liste rouge des oiseaux menacés (publiée en 1999). La révision de cette liste, publiée en décembre 2008 (http://www.uicn.fr), vient finalement de reclasser cette espèce dans la catégorie « préoccupation mineure », qui inclue des taxons largement répandus et abondants, en raison principalement d'une stabilisation des effectifs observée ces dix dernières années.

 

Il ne faut cependant pas perdre de vue que 20% à 50% de la population de Chevêches a disparu en France dans les années 1960-1970. Cette chute spectaculaire de la population a été principalement imputable au bouleversement qu'ont subi les pratiques agricoles dans l'aprèsguerre. Espèce anthropique étroitement liée au paysage rural, la chevêche a alors été touchée de plein fouet par la mutation accélérée des campagnes. L'agriculture productiviste et son corollaire de mesures (remembrement et arrachage massif de haies et d'arbres, usage intensif de produits biocides, suppression des vergers traditionnels) ont ainsi mené à la raréfaction quasi généralisée de la Chevêche dans de nombreuses régions en France.

 

Or, si ces causes de régression identifiées se sont stabilisées, elles n'ont assurément pas disparu ; d'autres causes sont même venues depuis renforcer le statut précaire de cette espèce, comme l'extension des zones urbanisées à la faveur – constat paradoxal – de la déprise agricole ou encore le développement du réseau routier entraînant tour à tour la destruction de l'habitat, le morcellement des populations ou encore la destruction directe des oiseaux. La Chevêche d'Athéna tend ainsi à symboliser ces espèces dites de la « nature ordinaire » associées aux milieux agricoles qui voient leurs effectifs se réduire progressivement mais qui ne sont pas encore assez rares pour bénéficier de mesures de conservation pour mettre un terme à ce déclin.
En réponse à cet état de fait et en l'absence d'un plan national d'actions en faveur de la chouette chevêche, le Ministère de l'Ecologie, à l'occasion du bilan du plan national de restauration de la chouette chevêche réalisé en avril 2010, a finalement recommandé la mise en place d'un plan d'actions spécifiques basé sur les axes suivants :

 

  • La protection de l'habitat
  • L'étude et la conservation des populations
  • L'information et la sensibilisation
  • L'animation du plan régional d'actions spécifiques

Un tel Plan d'Action a ainsi été validé en 2010 avec le soutien de la DREAL en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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