Martin pêcheur © Aurélien AudevardAlors que le calme règne sur le canal, un « seep-seep » aigu et sonore annonce l’arrivée du maitre des lieux. Soudain un éclair bleu déboule à toute vitesse, puis se pose sur une branche morte bien au-dessus de l’eau. A peine posé, le Martin-pêcheur d’Europe plonge à pic puis remonte sur son perchoir, non sans avoir capturé un petit alevin qu’il avale aussitôt. La rencontre avec la flèche bleue est toujours un instant d’émerveillement et de surprise.

 

Qui est-il ?

Avec ses 16 centimètres de longueur, ses 25 grammes, son long bec épais et pointu, sa queue courte, le Martin-pêcheur est un oiseau compact, taillé pour la vitesse et peut atteindre jusqu’à 80 km/h. Sa coloration est unique avec une poitrine rousse, des parties supérieures vert-turquoise, un dos, un croupion et une queue d’un bleu éclatant. Ses couleurs ont d’ailleurs une particularité, car selon l’incidence de la lumière le bleu métallique de son plumage peut varier de l’azur au cobalt. Ces reflets ne sont pas dus à un pigment, mais à un phénomène purement physique provenant des interférences entre les différentes longueurs d’ondes de la lumière, réfléchies et décomposées par la structure des plumes de ce petit oiseau. Mâle et femelle sont quasiment identiques et ne se différencient que par la coloration du bec, le mâle présentant un bec noir uniforme alors que la femelle montre une tâche orangée. Les jeunes quant à eux sont moins colorés en début de saison, puis deviennent identiques aux adultes durant l’automne et ne sont distinguables que par la couleur brune de leurs minuscules pattes (orange chez les adultes).
Sa survie est intimement liée à la présence d'eau dormante ou courante. On le rencontre facilement le long des rives des cours d'eau, des lacs, des étangs, des marais et des canaux d’eau douce ou salée durant la mauvaise saison. On peut aisément comprendre que l’espèce est très sensible au froid et que le gel en hiver peut avoir des incidences dramatiques sur la survie des oiseaux les plus nordiques. Ces exigences poussent donc de nombreux oiseaux d’Europe centrale ou du Nord, à migrer plus au sud, alors que les populations plus méridionales sont sédentaires. Le Martin-pêcheur est principalement piscivore, mais il lui arrive de consommer aussi à l’occasion des jeunes amphibiens, des insectes aquatiques ou de petits reptiles.

 

Farouche et insociable, le Martin-pêcheur a du caractère et ne tolère aucun autre oiseau de son espèce sur sa portion de rivière ou de canal. Il consacre d’ailleurs une grande partie de ses journées à la surveillance de ce territoire et chasse tout intrus pouvant y pénétrer.

 

Durant la période de reproduction, il fréquente les cours d’eau aux berges hautes, meubles, érodées favorables au forage du nid. En effet, le couple peut creuser une galerie jusqu’à 1,30 mètre de profondeur et au fond duquel, 7 œufs seront couvés durant un peu plus de trois semaines. A l’âge de 25 jours, les jeunes vont quitter le nid et seront chassés assez rapidement par le couple déjà occupé à entreprendre une seconde nichée. Les conditions pluviothermiques peuvent limiter le nombre de nichées en agissant directement sur la disponibilité et l'accessibilité à la nourriture.

 

Pour le voir...

Les salins d’Hyères, accueillent actuellement de nombreux Martins-pêcheurs lors de leurs haltes migratoires et durant leur hivernage. L’année 2015 semble être un très bon cru avec une multitude d’oiseaux observés depuis la fin du mois de juillet dans le cadre du suivi ornithologique mené par la LPO PACA en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée.