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Circaète en soins © Eloise DeschampsMonsieur le Ministre d’État de la Transition écologique solidaire,
Monsieur François de Rugy,
Sans réponse de vos services décentralisés suite à la fermeture du centre régional de sauvegarde de la faune sauvage, propriété du Parc naturel régional du Luberon située à Buoux dans le Vaucluse, géré par l’association LPO Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous venons vous interpeller à ce sujet. Ce centre vient de fermer l’accueil des animaux sauvage en détresse faute de garantie financière de la part des pouvoirs publics.

L’établissement bénéficie d’une autorisation d’ouverture du Ministère par délégation préfectorale. Il accueille chaque année plus de 1500 animaux sauvages en détresse (rapaces et autres oiseaux protégés, petits mammifères) qui arrivent via différents réseaux : bénévoles, agents de l’Etat, vétérinaires, pompiers, etc.

Le centre de sauvegarde de Buoux est un établissement répondant à des normes de fonctionnement strictes qui permet de répondre à une demande sociétale forte de prise en charge de la faune sauvage en détresse. Parmi les espèces recueillies, certaines figurent sur la liste rouge des espèces menacées d’extinction (Aigle de Bonelli, Vautour percnoptère, Vautour moine, Faucon crécerellette…) et confèrent à cet établissement un rôle en faveur de la biodiversité. L’équipe de soigneurs naturalistes assure en outre une mission de médiation aux questions concernant la faune sauvage en traitant plus de 10 000 appels téléphoniques chaque année.

Chaque découvreur se sent démunis face à un animal sauvage en détresse. Les habitants et vétérinaires qui recueillent un animal en détresse se mettent en situation délicate dès qu’ils le prennent, le transportent ou le détiennent dans l’intention de le soigner.

Les responsables du centre regrettent amèrement un manque de soutien de l’Etat. En effet, la faune sauvage est sous la responsabilité des pouvoirs publics. Le financement de l’État pour ce centre était jusqu’alors dérisoire et n’est plus garanti en 2019. La fin des emplois aidés a également engendré un surcoût des dépenses de fonctionnement d’un tel établissement.
C’est un coup dur pour les défenseurs des animaux qui ont alerté les politiques et institutions depuis des années sur la précarité financière de ce centre. Les dirigeants de la LPO regrettent le manque d’empathie pour la faune sauvage en général dans les plans stratégiques pour la biodiversité et le manque de considération à l’égard des animaux en détresse qui sont impactés par les activités humaines : les collisions avec les véhicules ou les baies vitrées, les dénichages, les empoisonnements, les tirs illégaux, etc.

Il appartiendra donc maintenant aux services déconcentrés de l’Etat de réceptionner les appels pour la prise en charge de l’acheminement et d’assurer les soins des animaux sauvages impactés par les activités humaines.

C’est pourquoi aujourd’hui, nous souhaitons vous demander d’agir pour la faune sauvage en détresse. Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre considération.