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Courlis cendré (Numenius arquata) le jour de son lâché en Pologne - Crédit photo : Ochrona KulikaLa chasse en France d’espèces menacées ruine les efforts de conservation mis en œuvre par d’autres pays européens.

Le 31 juillet 2019, la Ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne signait un arrêté autorisant la chasse de 6000 Courlis cendrés sur le territoire français au cours de la saison de chasse 2019-2020. La date n’avait pas été pas choisie au hasard. Sachant que la LPO attaquerait devant les tribunaux et obtiendrait sans doute la suspension de cet arrêté contraire à la législation européenne sur les espèces menacées, la Ministre a attendu le dernier moment pour le signer afin de laisser aux chasseurs le temps de la procédure pour faire quelques cartons.

De fait, dès le lendemain 1er août, la chasse au Courlis cendré est devenue légale et l’est restée jusqu’à la suspension décidée par ordonnance du Conseil d’Etat le 26 août, et effective à partir du 27 août.

 

Quatre semaines lourdes de conséquences

En Pologne, où les populations de Courlis cendrés ont diminué de 50% en 10 ans, des scientifiques s’investissent dans la protection de cet échassier. Des Courlis sont ainsi réintroduits dans leur milieu naturel afin d’y augmenter les effectifs, aujourd’hui estimés à moins de 300 couples, et permettre la sauvegarde de l’espèce.

Selon la balise GPS qui permet leur suivi migratoire, l’un d’entre eux a subitement cessé de se déplacer le 26 août 2019 en traversant une zone de chasse située en Normandie… À un jour près, on pourrait penser qu’il n’a pas eu de chance, mais cet oiseau est avant tout une nouvelle victime de la collusion du gouvernement français avec les lobbies de la chasse. La France est le dernier pays de l’Union Européenne à autoriser la chasse au Courlis cendré.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un Courlis cendré relâché en Pologne est abattu dans l’hexagone. Au cours des trois dernières années, au moins 5 cas ont été documentés et ne représentent sans doute qu’une fraction de la réalité. Si rien n’est fait pour retirer durablement le Courlis cendré des espèces légalement chassables en France, il y aura chaque année de nouvelles victimes, réduisant à néant les efforts entrepris par d’autres pays européens pour sauver l’espèce.

Carte représentant l'extinction des signaux GPS des Courlis cendrés abattus - Crédit image : Ochrona Kulika

Signataire du traité de l’AEWA (Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie), la France aurait dû suspendre la chasse du Courlis cendré dans l’attente de l’élaboration d’un plan de gestion international censé aboutir sur un moratoire. Le gouvernement a préféré la mise en place d’un comité de gestion adaptative qui dans les faits s’avère être une manœuvre pour justifier la prolongation de la chasse de certaines espèces en mauvais état de conservation, comme le Courlis cendré ou la Tourterelle des bois.

Sur les 64 espèces d’oiseaux aujourd’hui chassés en France (un record en Europe), 20 sont inscrites sur la liste rouge européenne des espèces menacées établie par l’UICN. Il est plus que temps de mettre fin à cette aberration écologique.

 

Plus d’informations

Consultez l’actualité de l’association polonaise Ochrona Kulika.

Consultez la page Facebook de l’association polonaise Ochrona Kulika.

 

Source : https://www.lpo.fr/actualites/un-courlis-reintroduit-en-pologne-abattu-en-france-dp1