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Moiré provençal © Marion FouchardAvec la création de trois parcs de panneaux photovoltaïques sur trois sites localisés de la commune de Simiane-la-Rotonde (04), l’entreprise Sonnedix a sollicité la LPO Provence-Alpes-Côte d'Azur afin d’installer un protocole de suivi à moyen terme sur des taxons sensibles aux changements environnementaux.

L’idée de ce projet est de réaliser un suivi post-installation des panneaux et de le perpétuer à moyen terme afin de définir l’évolution de ces taxons sur le site en lien avec ces aménagements. Afin d’avoir des éléments comparatifs, différentes stations ont été définies par parc, en fonction de l’impact que l’installation des panneaux va avoir sur ces dernières (en plein parc, en plein parc mais délaissées, zone témoin).

De par leurs réponses rapides aux différents changements positifs comme négatifs sur leurs habitats, ce sont les papillons de jour et les zygènes qui ont été choisis. Le protocole a été choisi, selon les préconisations du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et c’est donc le chronoventaire qui a été sélectionné.

Les objectifs de la mise en place du chronoventaire sur les trois parcs sont multiples :

  • acquérir des données sur les facteurs qui structurent les communautés d’espèces observées sur les sites ;
  • avoir une meilleure compréhension de la répartition des espèces ;
  • mettre en place des actions en faveur de la biodiversité sur les sites, en fonction des résultats obtenus, pour améliorer l’accueil de ce groupe d’insectes sur ces derniers ;
  • utiliser ce suivi pour avoir un retour d’expérience et mettre en place des mesures dans le cadre des nouveaux projets afin de réduire leurs impacts sur la biodiversité.

Parcs de Sonnedix à Simiane la Rotonde © Marion Fouchard

Pour cette première session, le nombre total d’espèces observées est de 12 espèces : 12 papillons de jour mais aucune zygène. Toutes stations confondues, c’est la station « témoin » du parc n°3 qui est la plus riche en nombre d’espèces (6 espèces) et à l’inverse la station « en plein parc » du parc n°1 qui est la plus pauvre (aucune espèce).
Dans le détail, la richesse spécifique des stations des parcs n°1 et 2 suivent la même tendance : elle augmente de la station la plus impactée par les travaux du parc (en plein parc) à la moins impactée (témoin).

Parcs de Sonnedix à Simiane la Rotonde © Marion Fouchard

A l’inverse pour le parc n°3, la richesse spécifique de la station « en plein parc » est supérieure à celle de la station « en plein parc mais sur une zone délaissée ». Cependant, la richesse spécifique de la station « témoin » de ce parc reste supérieure à celle de la station « en plein parc ».
En ce début de saison peu d’espèces sont présentes mais ces dernières ont un cycle de vie bien particulier. Il y a tout d’abord les espèces qui passent l’hiver sous forme d’imago (papillon) et qui profitent des premiers rayons du soleil pour se réveiller de leur diapause et se reproduire (ex : Grande tortue (Nymphalis polychloros (Linnaeus, 1758)). Ensuite, il y a des espèces très communes, ubiquistes et avec plusieurs générations dans l’année, qui émergent de leur chrysalide très tôt au printemps pour lancer la première génération (ex : la Piéride de la rave (Pieris rapae (Linnaeus, 1758)).

Enfin, il y a des espèces qui se caractérisent par une période de vol très courte et très précoce dans l’année. Les espèces typiquement méditerranéennes et/ou patrimoniales suivent souvent ce cycle de vie (ex : Azuré du Thym (Pseudophilotes baton (Bergsträsser, 1779)).

Une espèce patrimoniale a été observée sur tous les parcs : le Moiré provençal.

Cinq autres sessions vont avoir lieu d’ici la fin de l’année.

Nous tenons à remercier la société Sonnedix pour la mise en place de ce suivi à moyen terme, qui nous permettra d’avoir un retour d’expérience sur l’évolution de la biodiversité suite à l’installation de parc photovoltaïque.