Guêpier d'Europe © Aurélien AudevardDès les derniers jours d’avril, des cris flutés haut dans le ciel « pruu...pruu» signalent le retour des Guêpiers d’Europe dans le Var. Ces migrateurs insectivores reviennent d’Afrique de l’Ouest après sept mois passés sur leurs quartiers d’hivernage et plusieurs milliers de kilomètres parcourus entre zones désertiques et mer Méditerranée. Avec sa trentaine de centimètres, le Guêpier d’Europe est un oiseau multicolore, unique dans l’avifaune française. Grégaire, il revient en Europe pour nicher en colonie de plusieurs dizaines de couples. Il aime à fréquenter le bord des rivières, les rives des canaux ou les carrières où il va construire son nid...enfin plutôt le creuser.

 

Long d’environ un mètre, le tunnel menant à une chambre de ponte est creusé dans un sol meuble, en quelques jours, pour lequel le Guêpier est capable d’excaver jusqu’à 7 kilos de terre ! Six œufs y seront pondus et couvés durant trois semaines. Le Guêpier est un oiseau particulièrement agile, capable de capturer des insectes très rapides tels que les libellules, les papillons, les cigales mais ses préférences s’orientent vers les hyménoptères tels que les Guêpes, les Frelons ou les bourdons qui occupent la moitié de son régime alimentaire. Les scientifiques connaissent d’ailleurs parfaitement son régime alimentaire, car la chitine contenue dans les carapaces des insectes n’est pas assimilable par l’oiseau qui la rejette sous forme de pelotes et donne ainsi des informations sur l’identité des espèces capturées. Les proies venimeuses sont aussitôt assommées puis frottées sur une branche pour en faire sortir le dard et sont finalement ingurgitées. De nombreuses études, ont montré que le Guêpier d’Europe sait reconnaître à distance les insectes dangereux, des insectes inoffensifs et même ceux essayant de ressembler aux premiers. On imagine aisément la vision perçante que peut avoir cet oiseau flamboyant.

 

Pour le voir...

Les salins d’Hyères abritent une petite population (dizaine de couples) mais on peut également le voir le long du Gapeau et à une échelle plus grande sur des communes comme la Môle, Roquebrune-sur-Argens ou Puget-sur-Argens. Avec la fin de l’été et l’approche de la disette alimentaire, les premiers départs prennent lieu en août, les oiseaux gagnant l’Afrique par le détroit de Gibraltar ou en traversant directement la Méditerranée puis le Sahara.

 

Aurélien Audevard