Mésange huppée © Aurélien AudevardSes cris aigus et ses bavardages intempestifs sont une des caractéristiques de notre oiseau de la semaine. Haut dans les pins maritimes, des petites boules brunâtres explorent les touffes d’aiguilles et chacune s’occupe à en extirper sa pitance. En y regardant de plus près, notre oiseau est sans doute le passereau le plus original de notre avifaune commune. Avec ses plumes démesurées sur sa tête, la Mésange huppée occupe toutes les forêts de conifères de notre littoral mais aussi de notre département.

 

Qui est-elle ?

De petite taille, la Mésange huppée n’excède pas les douze centimètres pour un poids avoisinant une dizaine de grammes. Jamais une mésange n’a aussi bien porté son nom, puisqu’elle est la seule en Europe à présenter une longue huppe blanche et noire, triangulaire et pointue. Elle montre également une gorge noire et une joue blanche marquée d’une virgule noire très caractéristique, entourée d’un collier blanc surligné de noir. Le dos est brun et la poitrine chamoisée. Son bec noir, court et pointu est conçu pour prédater une grande diversité d’insectes et consommer un beau panel de graines.

 

De petits invertébrés tels que les odonates, les éphéméroptères, les hémiptères, les orthoptères, les lépidoptères, les diptères, ou les coléoptères sont consommés toute l’année. En dehors de la saison de reproduction, elle consomme aussi des graines de conifères, des baies et quelques fruits.

 

Très répandu en Europe, on la trouve jusqu’à environ 2500 mètres d’altitude. Elle vit de l'Espagne à l'Oural et de la Scandinavie au nord de la Grèce. Absente d'Italie et de Grande-Bretagne, excepté en Ecosse, où il existe une petite population, et dans l'extrême nord de la Scandinavie. En France, elle se rencontre un peu partout sauf en Corse, mais dans l’ensemble des massifs montagneux, les plaines de la moitié nord du pays, la forêt des Landes et de Gironde et dans une grande partie du littoral méditerranéen.
L’habitat idéal de la Mésange huppée reste les forêts de conifères, notamment les vieux peuplements de pins et de sapins, dans laquelle elle trouve les cavités et la nourriture nécessaires à sa nidification. On peut aussi la retrouver dans les parcs et les jardins urbains tant que les conifères sont présents.

 

Le nid est une cavité dans du bois pourri, creusée uniquement par la femelle, dans un tronc d’arbre ou une souche. Garni de mousses, d'herbes, de poils, de plumes et de laine, il peut accueillir de 5 à 8 œufs. Comme pour beaucoup de mésanges, ils sont couvés durant 14 jours uniquement par la femelle et l’élevage des poussins dure environ trois semaines. Ce nombre important de becs à nourrir engendre une régulation importante des populations d’insectes, notamment celles très envahissantes comme la processionnaire du pin.
Espèce sédentaire, la Mésange huppée ne se déplace guère tout au plus de quelques kilomètres. Contrairement à certains passereaux de montagne, elle n’effectue donc pas de migration en relation avec les saisons ou avec la raréfaction de la nourriture, si bien que sa répartition n’évolue pas entre la saison de reproduction et la mauvaise saison.
Les effectifs français sont compris dans une fourchette de 300 000 à 600 000 couples et un déclin modéré a été constaté sur la période 2001-2012, peut-être en partie dû à l’exploitation forestière intensive, ne privilégiant pas la présence de troncs morts sur pied.

 

Pour la voir...

Il est assez facile de rencontrer la Mésange huppée. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour les observer, des sorties nature sur les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le jeudi 29 juin décembre aux Salins des Pesquiers. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.