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Grive piégeagée à la gluPar décision en date du 25 février 2019, le Conseil d’État a annulé les arrêtés du 27 juillet 2017 fixant les quotas de piégeage à la glu pour la saison de chasse 2017-2018 pour les départements des Alpes-Maritimes, des Bouches du Rhône, du Var et du Vaucluse.

Une nouvelle victoire de la LPO contre cette pratique cruelle et non sélective.

Le juge a suivi les conclusions du rapporteur public qui avait considéré lors de l’audience devant les 5ème et 6ème Chambres du Conseil d'Etat, le 4 février 2019, que l'objet de ces arrêtés et leur caractère dérogatoire établissait l'existence d'une incidence directe et significative sur l'environnement. Et que, par conséquent, les arrêtés en question auraient dû faire l’objet d’une consultation publique préalable.

L’année suivante, en 2018, le Ministère en charge de l’écologie s’était senti obligé sous la pression de la LPO de procéder à une consultation publique concernant le projet de piégeage pour la saison de chasse 2018-2019. Et de ramener les quotas des prises autorisées à la réalité des tableaux de capture déclarés pour l’année précédente. Une consultation publique qui avait vu près de 90% de citoyens opposés à cette pratique cruelle et non sélective. On connait malheureusement la suite puisque le Ministre en charge de l’écologie n’avait pas tenu compte du résultat de la consultation et avait quand même signé les arrêtés.

Allain Bougrain Dubourg rappelle que cette pratique du piégeage à la glu est désormais interdite dans tous les pays d’Europe après les condamnations de l’Espagne en 2004 et celle de Malte en 2017: « La France ne peut pas continuer à se revendiquer comme un exemple à suivre en matière de protection de la biodiversité, s’enorgueillir d’accueillir l’IPBES fin mars à Paris, puis le Congrès mondial de l’UICN en 2020 à Marseille, et laisser perdurer des pratiques infâmes et d’un autre âge contre les oiseaux. L’heure de la vérité est venue ; il est grand temps pour la France de prendre enfin ses responsabilités ».

 

En quoi consiste le piégeage aux pantes et aux matoles ?

Le piégeage aux pantes consiste à capturer l’Alouette des champs à l’aide de grands filets horizontaux (pantes) disposés au sol et déclenchés au moment opportun par un chasseur qui l’attire grâce à un appelant maintenu « au noir » pendant plusieurs jours.

Le piégeage à la matole consiste à capturer l’Alouette des champs à l’aide de petites cages tombantes (matoles) disposées au sol. Cette technique, également utilisée pour le braconnage des ortolans et des pinsons, reste autorisée dans quatre départements du Sud-Ouest : Landes, Gironde, Pyrénées Atlantiques, Lot et Garonne.

 

En quoi consiste le piégeage à la glu ?

Le piégeage à la glu consiste à enduire de colle de fins bâtons sur lesquels viendront se poser les grives et les Merles noirs. Les oiseaux capturés serviront ensuite d’appelants pour leurs congénères qui seront tirés par les chasseurs.

Cette technique de piégeage est encore autorisée dans 5 départements de la région PACA (Alpes de Haute Provence, Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Var et Vaucluse) alors qu’elle est interdite dans tous les pays d’Europe depuis les condamnations de l’Espagne en 2004 et celle de Malte en 2017.

 

En quoi consiste le piégeage aux tenderies ?

La tenderie aux vanneaux consiste à attirer les Vanneaux huppés et les Pluviers dorés à proximité de filets horizontaux qui se refermeront sur eux à la commande du chasseur. Pour les faire venir, un vanneau est attaché par la queue à une tige de fer avec une cordelette sur laquelle le chasseur tire afin de le faire crier.

Le tenderie au brancher consiste à capturer les merles et les grives à l’aide d’un collet ou « lac », confectionné avec du crin de cheval (selon la « tradition ») et soutenu par une branche sur laquelle est suspendue une grappe de baies (sorbier). Passant le cou dans le « lac » pour atteindre les baies, l’oiseau meurt étranglé lorsqu’il veut reprendre son envol.

Ces pratiques sont encore autorisées dans les Ardennes.

 

Communiqué de presse du 26/02/2019

 

Contacts :
Yves VERILHAC, directeur général - 0676656110
Kim DALLET, relations presse – kim.dallet@lpo.fr - 0634125069

Source : https://www.lpo.fr/actualites/piegeage-des-oiseaux-l-etat-contraint-a-plus-de-transparence