Coucou geai © Aurélien AudevardAlors que la douceur pointe le bout de son nez, la nature varoise se réveille enfin après des mois de silence. Alors que les premiers chants d’oiseaux se font entendre, un migrateur est déjà là. Posé au sommet d’un arbre, avec sa huppe hérissée et sa silhouette si particulière, le Coucou geai est enfin de retour de ses lointains quartiers d’hiver pris dans la savane africaine. Célèbre opportuniste, parasite, usurpateur d’identité, le Coucou geai n’est pas vraiment celui que l’on croit...

 

 

Qui est-il ?

Oiseau de belle taille, il ressemble plus à une Pie bavarde qu’à un geai. Bien que présentant des couleurs plutôt ternes, il dispose d’une longue queue étagée pointée de blanc très caractéristique. Son dos est sombre ponctué de taches blanches contrastant avec son ventre et sa gorge chamoisées. Sa tête est grise avec une courte huppe, le bec noir arqué est assez long. Contrairement à son cousin le Coucou gris, notre oiseau n’émet pas le chant caractéristique de celui-ci, mais un jacassement bruyant et saccadé.

Son régime alimentaire est principalement constitué de chenilles (notamment de l’envahissante processionnaire du pin) mais aussi d’orthoptères et de coléoptères.

Son aire de répartition est restreinte principalement aux départements méditerranéens. On le trouve dans les milieux semi-ouverts, plutôt chauds ou les paysages traditionnels en mosaïque, composés de vergers, de vignes, de pinèdes, de yeuseraies et de garrigues. Il apprécie également la proximité des zones humides et le bord des rivières méditerranéennes.
Outre l’habitat, la reproduction est conditionnée par la présence de la Pie bavarde dont il est le parasite exclusif. En effet, comme tous les membres de sa famille, le Coucou geai ne construit pas de nid mais pond un œuf totalement mimétique dans celui des autres. Contrairement à d’autres espèces de coucou, le poussin qui va éclore, ne portera pas atteinte directement aux jeunes ou aux œufs présents. Il va cependant y naître plus précocement et éviter une concurrence avec les jeunes de la Pie. Même si ce jeune affamé peut provoquer un dépérissement de ses frères adoptifs, une étude récente a montré que la simple présence d’un jeune coucou geai limité les cas de prédation. En effet, il est capable de produire des secrétions noirâtres nauséabondes très efficaces contre les prédateurs et favorise ainsi la survie de toute la nichée. Le parasite devient ainsi un allié redoutable lorsque la prédation est forte.

Alors que les adultes quittent rapidement l’Europe en mai après s’être reproduit, les jeunes vont eux prendre la direction de leur zone d’hivernage en août, situé au-delà du Sahara, du Sénégal à la Somalie.

 

Pour le voir...

Le Coucou geai est un migrateur précoce qui peut s’observer sur les salins d’Hyères mais aussi sur les zones agricoles hyéroises. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour l’observer, des sorties nature dans les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 09 mars à 08h45 au Salin des Pesquiers. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.