Huppe fasciée © Aurélien AudevardLa campagne est encore endormie et déjà un oiseau étrange au vol papillonnant s’active  à fouiller le sol.  A la moindre alerte, l’oiseau noir et blanc s’arrête subitement et hérisse une magnifique huppe rousse terminée de taches noires. Aussitôt le danger éloigné, la Huppe fasciée ne perd pas plus de temps et reprend aussitôt sa besogne. Il faut dire qu’une longue et périlleuse migration l’attend dans les prochains jours.

 

Qui est-elle ?

La Huppe fasciée est un oiseau à la morphologie et aux couleurs caractéristiques, si bien qu’elle est difficilement confondable avec une autre espèce. Avec ses 30 cm et ses 65 grammes, elle est un oiseau de taille assez conséquente avec une tête et une poitrine rousse, des ailes et un dos noirs rayés de bandes blanches à blanc rosé. La présence d’une huppe rousse spectaculaire et érectile et d’un long bec arqué gris sombre sont aussi des caractères diagnostiques. Une fois replié, ce spectaculaire attribut donne à sa tête, une forme de pioche, ce qui a inspiré d’ailleurs les anciens naturalistes en lui attribuant dans son nom latin le genre epops (signifiant pioche en grec).

Son bec fin et arqué, lui permet de sonder le sol ou d’attraper directement de nombreuses proies adultes mais aussi à l’état larvaire, tels que des orthoptères, des coléoptères, des lépidoptères et des arachnides.

Migrateur au long cours, elle hiverne en Afrique subsaharienne où elle passe toute la mauvaise saison d’octobre à mars. Au printemps, elle occupe en Europe une répartition géographique s’étendant d’une ligne reliant la Bretagne à l’Estonie. Elle est cependant abondante dans les pays soumis à des influences méridionales marquées, notamment les pays du pourtour méditerranéen et de la mer noire. C’est une espèce assez représentative des zones agricoles bocagère et extensive et des vergers, si bien qu’elle est totalement absente des plaines agricoles céréalières ou des massifs forestiers denses.

Après son voyage de retour, la Huppe fasciée débute sa saison de reproduction en mars ou en avril. Son chant est une série de « houp-oup-oup » répétés inlassablement toutes les deux secondes. Le couple formé va vite sélectionner l’emplacement du nid qui sera situé dans une cavité d’arbre, un trou de mur, un tas de pierres ou même dans un vieux nid de Guêpier ou de Martin-pêcheur d’Europe. Les nichoirs sont également très appréciés et réutilisés d’année en année. Cinq à huit œufs sont pondus et couvés durant un peu plus de 15 jours par la femelle.  Généralement les éclosions sont asynchrones, si bien que les derniers poussins éclos sont souvent les premiers à périr en cas de manque de nourriture. Après trois semaines de nourrissage par les deux parents, les jeunes sont prêts à découvrir leur nouvel environnement avant leur départ pour l’Afrique qui aura lieu dès les premiers jours d’août.

 

Pour la voir…

Les salins d’Hyères sont une importante zone de halte migratoire pour les migrateurs en provenance du nord et de l’est de l’Europe. Les Limicoles, les laridés ou les passereaux y trouvent des zones d’alimentation et de quiétude vitales dans leur progression vers l’Afrique. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour l’observer, des sorties nature dans les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 17 août  à 09h00 aux Salins des Pesquiers. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.