Hibou moyen duc © Aurélien AudevardLa faune nocturne reste une grande inconnue du public, celle-ci étant souvent synonyme de mystère, d’inconnu ou de peur. Il y a encore peu les croyances populaires, notamment dans les civilisations romaines, faisaient des rapaces nocturnes des oiseaux de mauvaises augures ou de malheur, si bien qu’on les accrochait aux portes des granges pour conjurer le mauvais sort. Accusés à tort, les chouettes et les hiboux sont désormais protégés et leur utilité reconnue. Le Hibou moyen-duc est l’un de ses oiseaux nocturnes réhabilités.

 

Qui est-il ?

De taille assez modeste, le Hibou moyen-duc mesure 35 centimètres pour un poids avoisinant les 300 grammes. Ses grands yeux orangés et ses longues aigrettes sur la tête le distinguent notamment des chouettes qui en sont dépourvues et de certains hiboux. Le reste du corps peut varier du roux jaunâtre à gris-brun fortement rayé et vermiculé de brun noir. Le disque facial roussâtre est cerné de noir, avec de chaque côté du bec deux zones blanches qui forment un V caractéristique. Ce disque facial joue un rôle très important chez les rapaces nocturnes puisqu’il permet d’amplifier les ondes sonores émises par leurs proies, mais aussi à les localiser précisément. Un chercheur américain a réussi à démontrer qu’une chouette pouvait entendre le bruit d’un stylo sur une feuille de papier à plus de 25 mètres de distance ! L’éloignement des deux conduits auditifs présents de chaque côté du disque permet une détection d’une proie en 3 dimensions, si bien que le rapace nocturne peut fondre sur son repas sans même le voir.

Les proies du Hibou moyen-duc sont principalement des micromammifères et dans un faible registre des petits passereaux, des insectes ou des chauves-souris. Les campagnols, les mulots et les souris sont donc ses cibles favorites. L’utilité de notre rapace n’est plus à démontrer puisqu’un couple peut consommer plus de 1800 rongeurs par an et donc jouer un rôle régulateur important.
Le Hibou moyen-duc montre une large distribution holarctique. On le retrouve des Açores au Japon mais aussi sur le continent américain et quelques populations isolées sont également présentes en Afrique du nord, en Ethiopie et dans le centre est de l’Afrique. En France, il occupe la moitié du territoire où ses bastions se situent dans le centre, le centre ouest et le quart nord-est.

Il se reproduit dans des habitats où alternent bois et espaces ouverts principalement jusqu’à 1000 mètres : parcs, bordures de forêt avec des champs cultivés ou bocage. Après quelques hululements doux et graves du mal en fin d’hiver, le nid est établi sur un ancien site de reproduction de Corneille noire ou d’un rapace, haut perché dans un grand arbre. Il est retapé sommairement par la femelle qui y dépose 4 à 5 œufs en mars/avril, couvés durant 28 jours. Les poussins fragiles ne seront laissés seuls qu’à partir de leur seconde semaine de vie. Ils seront aptes au vol au bout d’un mois. Les populations de Hibou moyen-duc du sud de l’Europe ne migrent que partiellement, alors que les populations d’Europe du nord et de l’est, viennent s’ajouter aux premières durant l’hiver.

 

Pour le voir…

Le Hibou moyen-duc reste une espèce discrète sur le littoral varois et sur les salins d’Hyères, mais peut-être aurez-vous la chance un soir de le voir poser sur un piquet, dans les phares de votre voiture.
Des sorties nature dans les salins de Hyères sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée. Peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 20 décembre à 09h00 aux Vieux salins. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.