Cygne tuberculé © Aurélien AudevardEspèce emblématique des parcs urbains et de la plupart des zones humides de notre région, le Cygne tuberculé est un oiseau protégé, bien connu et aimé du grand public. Le malheureux évènement du 17 janvier dernier, avec un tire illégal de ce majestueux oiseau à Hyères dans le Var, vient nous rappeler que les oiseaux même les plus communs sont les premières victimes de la bêtise humaine.

 

Qui est-il ?

Le Cygne tuberculé est un oiseau de forte taille, possédant une envergure de 2m40 pour un poids avoisinant les dix kilos, pour les mâles les plus corpulents. Facilement reconnaissable à son grand cou et à son plumage d’un blanc immaculé, on ne trouve finalement de la couleur, que dans son gros bec rose orangé. Il est ornementé d’une zone de peau noire au niveau des yeux, notamment en forme de gros tubercule chez le mâle. Ses pattes noires sont courtes et palmées. Les jeunes cygnes quant à eux sont brun grisâtre avec un bec de couleur chair. Si vous apercevez un cygne de couleur noire, c’est en fait une espèce différente, originaire d’Australie et qui porte bien son nom.

Le Cygne tuberculé est un herbivore aussi bien terrestre qu’aquatique. Avec son long coup, il peut atteindre des végétaux aussi bien sur les berges, qu’à une profondeur de 45 centimètres. Son régime alimentaire s’agrémente aussi de petits amphibiens, de mollusques, de vers ou d’insectes qu’il capture avec son bec en filtrant la vase, grâce aux lamelles présentes sur les bords de celui-ci. Il aime fréquenter toutes les étendues d’eau assez grandes avec un courant nul ou très faible comme les étangs, les marais mais aussi les zones côtières et les baies abritées. Il faut dire que notre oiseau a besoin d’une piste de décollage assez longue pour pouvoir décoller.
Alors qu’il peut être d’un calme olympien, notre oiseau peut révéler aussi un caractère de cochon jusqu’ici insoupçonné. En effet, lors de la période de reproduction le mâle présente un comportement agressif sur son territoire, ce qui en soi est assez classique chez nombre d’oiseaux. Cependant, le mâle se livre régulièrement à des confrontations très agressives aussi bien face à un congénère, qu’à d’autres espèces d’oiseaux, d’animaux et même des humains ou des bateaux ! Un Cygne tuberculé qui vous fonce dessus toutes ailes écartées en soufflant, ça dissuade fortement d’aller jeter un œil dans son nid.

Le couple établit ce dernier en mars, sur un petit îlot de végétation ou dans une roselière. C’est un important amas de végétation sur lequel de 5 à 12 œufs sont pondus et couvés durant 36 à 38 jours. Les cygnons dès l’éclosion, suivent les parents vers les sites d’alimentation. Leur croissance est assez lente et ils ne pourront prendre leur premier envol qu’à l’âge de 4 ou 5 mois. Contrairement à la légende, les couples ne sont pas unis jusqu’à la mort mais se font et se défont au fil des années.

Originaire d’Asie centrale, le Cygne tuberculé a été introduit en Europe au cours du Moyen-âge notamment en Allemagne, en Suisse et en Autriche puis exporté vers l’Europe de l’Ouest. Il est resté rare dans les milieux naturels jusqu’au XXème siècle, puis a soudainement conquis la France par l’est. Actuellement la colonisation totale de la France est acquise avec des décomptes de nicheurs compris dans une fourchette de 5000 à 10 000 couples, alors qu’en hiver ces oiseaux sont rejoints par de nombreux migrateurs avec des effectifs estimés entre 18 000 et 21 000 individus chaque année.

 

Pour le voir…

Les zones humides hyéroises accueillent chaque année quelques couples de Cygnes tuberculés qui s’y reproduisent avec plus ou moins de succès. Des sorties nature sont organisées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en partenariat avec la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée, sur les salins de Hyères, peut-être aurez-vous l’occasion de faire sa connaissance en compagnie de spécialistes des oiseaux. La prochaine sortie est prévue le 24 janvier à 09h00 aux Vieux salins. Pour réserver votre place, contactez le 04 94 01 09 77.