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conférence pastoralime c eric georgeault

 

Sabine Débit, Ingénieur Pastoraliste au CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorale Alpes-Méditerranée) est venu à Vitrolles le samedi 7 avril pour venir nous présenter sa conférence sur « Le pastoralisme comme outil de gestion des garrigues ».

Le pastoralisme qu’est-ce c’est ?

C’est l’ensemble des activités d’élevages, valorisant par un pâturage extensif les ressources fourragères spontanées des espaces naturels appelés communément parcours (surface non cultivée comportant généralement un sol superficiel et souvent marqué par le relief avec une végétation diversifiée) et alpages.

Le pastoralisme est présent depuis des millénaires puisque le métier de berger existait déjà il y a environ 5000 ans. Les activités pastorales ont forgé les paysages et les sociétés humaines depuis le néolithique. En effet le pastoralisme a toujours eu une place centrale dans la fabrication et la modification des espaces, certains espaces considérés comme « naturels » aujourd’hui sont le fruit d’anciens paysages foulés par les troupeaux.

Au sein de la région PACA les activités pastorales sont présentes sur 870 000 hectares soit près de 27% du territoire régional. Ces espaces pâturés sont constitués de plusieurs types de milieux :

  • pelouse, près, bois de haute montagne
  • landes, pelouses, bois, Préalpes
  • landes, garrigues et bois méditerranéen

Le pastoralisme en PACA et dans les Bouches-du-Rhône est essentiellement constitué d’élevages : ovin (brebis), bovin (vache et taureau) et caprin (chèvres).

La gestion pastorale, qu’importe le type d’élevage, doit respecter des principes fondamentaux s’il veut être pérenne dans le temps.

Elle doit répondre aux besoins en nourriture des animaux tout en gérant les milieux spontanément pâturés sans abuser de la ressource pour permettent son renouvellement. A cela viennent s’ajouter aujourd’hui des enjeux environnementaux très forts.

 

les fondamentaux de la gestion pastorale c sabine débit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ce faire il existe 2 grands objectifs des pratiques pastorales, à savoir :

  • fabriquer des repas complets et équilibrés pour des animaux en production dans des milieux divers et hétérogènes
  • assurer le renouvellement de la ressource (herbe et feuillage des ligneux) d’année en année

En partant du postulat des pastoralistes : « un milieu pastorale en bon état de fonctionnement et de renouvellement garantit un milieu à la biodiversité préservée ».

En effet, outre le fait que cette gestion participe à la prévention des incendies sur notre territoire « à risque » en entretenant les DFCI et en limitant la strate arbustive combustible du sol en garrigues et forêt, elle détient une place forte dans la préservation des milieux de vie de la faune et de la flore.

Pourquoi le pastoralisme et si intéressant pour la présentation de la biodiversité ?

Le pâturage façonne un habitat favorable à la faune et à la flore lié aux milieux ouverts :

  • il favorise la mosaïque des milieux
  • il crée une concurrence favorable à la diversité floristique.

La création de mosaïque de milieux ainsi que la réouverture des milieux sont favorables à bon nombre d’oiseaux, présent dans notre département, qui retrouvent un territoire pour chasser comme le majestueux et rare Aigle de Bonelli ou encore le Circaète Jean-le-Blanc, grand amateur de reptiles. Ces milieux accueillent aussi bon nombre de petits passereaux inféodés aux milieux secs ou ouverts (qui leurs offrent des espaces d’alimentations et de nidifications) comme les Fauvettes pitchou, les Pies-grièches méridionale, les Bruants ortolan et Alouettes lulu. Ces milieux ouverts peuvent également accueillir divers reptiles (couleuvres, lézards) et notamment le Lézard ocellé, le plus grand Lézard d’Europe !

Pas moins de 65% des zones pâturées en PACA et dans les Bouches-du-Rhône sont classées en espaces naturels protégés (Parc National/Régional, Réserve, réseau NATURA 2000 etc …)

On comprend maintenant mieux pourquoi le pastoralisme et si intéressant pour les gestionnaires des espaces naturels et il apparaît évident qu’aujourd’hui ces deux entités professionnelles intrinsèquement différentes mais fondamentalement liées doivent travailler de concert pour garantir la préservation de notre patrimoine naturel et paysager tout en maintenant les activités humaines traditionnelles et sportives de façon responsable (pastoralisme, randonnée, chasse, sport nature etc …).

Lors de cette conférence nous avons pu constater que le pastoralisme est une pratique intéressante et durable pour maintenir nos paysages méditerranéens et favoriser la biodiversité, mais qui n’en demeure pas moins menacée :

  • aide de l’Etat et de l’Europe (Politique Agricole Commune) peut adapter à la réalité du terrain
  • difficulté pour s’installer en tant que berger
  • travail difficile qui demande une activité quotidienne et intense pendant les saisons estivales

Les éleveurs et pastoralistes d’aujourd’hui et de demain devront s’adapter aux changements politiques et naturels présents et à venir et devront certainement repenser, avec l’aide d’organisme comme le CERPAM, leur métier pour maintenir cette activité ancestrale.

 

Nous tenons à adresser un grand merci à Sabine Débit pour son intervention passionnante et sa grande maitrise du sujet.

Merci aussi à toutes les personnes présentes lors de cette conférence.

Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur le CERPAM vous trouverez le lien de leur site internet ci-dessous :

https://cerpam.com/

Nous vous donnons rendez-vous le 19 mai à 10h30 à la médiathèque La Passerelle de Vitrolles pour une nouvelle conférence sur « Les rapaces nocturnes des Bouches-du-Rhône ».