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Baguage poussin Vautour moine -photo Sylvain Henriquet 13062013Le Vautour moine est le seul vautour qui avait complètement disparu de France. Sa réintroduction dans les Grands Causses de 1992 à 2003 a permis l'installation d'une population avec aujourd'hui une vingtaine de couples. La restauration de son aire de répartition historique se poursuit alors dans les Alpes du Sud avec deux sites de lâcher : le Massif des Baronnies à partir de 2004 et les gorges du Verdon en 2005.

 

Suite aux premières reproductions dans les Baronnies en 2010, c'est maintenant dans les gorges du Verdon que le Vautour moine se reproduit, 157 ans après la dernière donnée historique !

 

Vidéo à découvrir : "Les vautours du Verdon, alliés des éleveurs pour un équarrissage naturel"

 

Un projet initié en 1993

Cette victoire sur le déclin de la biodiversité est le fruit d'un projet initié « officiellement » il y a vingt ans avec la création de l'association Vautours en Haute-Provence. C'est donc l'occasion de célébrer cet anniversaire et de saluer l'ambition et la ténacité de deux passionnés, Jean-Michel Tabard et Pierre Maigre à l'origine de ce projet. Remercions aussi tous les bénévoles et les partenaires institutionnels, associatifs et privés qui ont participé de près ou de loin notamment les partenaires historiques comme l'Office National des Forêts et le Parc naturel régional du Verdon.

 

En 1999, « Vautours en Haute-Provence » propose à Alain Moussu, président de la LPO PACA de l'aider à poursuivre et à professionnaliser le projet. Dans les gorges du Verdon comme sur les autres sites français la réintroduction du Vautour moine a été précédée par celle du Vautour fauve. Au total, 91 vautours fauves ont été libérés à Rougon (Alpes de Haute-Provence) de 1999 à 2005. La colonie se reproduit naturellement depuis 2002 et 222 juvéniles se sont envolés des falaises du Grand Canyon. En 2013, elle comprend 300 individus, une centaine de couples et son domaine vital s'étend sur 600 000 hectares.

 

Parallèlement, grâce à la présence des vautours fauves, le Vautour percnoptère est revenu naturellement fréquenter les gorges. Après la première reproduction réussie en 2011, le couple a de nouveau niché cette année. Le souhait de reconstitution du cortège des rapaces charognards s'est naturellement poursuivi avec le Vautour moine. Les 2 premiers vautours ont été libérés le 20 août 2005. Depuis, 23 vautours moines ont été réintroduits dans le Verdon.

 

Ce programme est mené par la LPO PACA en collaboration avec la Black Vulture Conservation Foundation, les parcs zoologiques européens, le centre de sauvegarde espagnol los Hornos (Sierra de Fuentes, Estrémadure), les associations « Vautours en Baronnies » et « Vautours en Haute-Provence » et la LPO Mission Rapaces. En 2012 et 2013, ce programme a bénéficié du soutien financier de la Région PACA, de la DREAL PACA et du Conseil général des Alpes de Haute-Provence, de la fondation Léa Nature et du fond de dotations Itancia. Il s'inscrit dans le cadre du nouveau Plan National d'Actions en faveur du Vautour moine pour la période 2011-2016.

 

 

Le premier couple en 2011

JVautours moines charnier - photo Arnaud Lacoste 12-05-2013ean et Exo1 sont en couple depuis 2011. Jean est un mâle né le 12 mai 2008 au Zoo de Planckendael en Belgique. Offert par ce zoo, il a été libéré avec un autre oiseau, Julia, le 2 aout 2008 par la méthode du taquet. Exo1, une femelle exogène, est présente depuis le 27 avril 2010. Bien que porteuse d'aucune bague, elle est identifiable grâce à une petite plume naturellement blanche sur les couvertures de l'aile gauche.

 


Le 24 janvier 2011, Marc Pastouret remarque deux vautours moines ensemble dans un vallon. Le premier, posé sur un pin, n'est pas bagué, le second apporte des branches à plusieurs reprises sur un pin sylvestre. Celui-ci est bagué, il s'agit de Jean (bague DOS). A 17h26, nous observons un accouplement, Jean et la femelle Exo1.

 

A chaque session d'observation, Jean transporte régulièrement des branches sur le pin. Ainsi, le 14 février, Jean effectue 8 apports sur le pin alors que la femelle reste posée 100 m plus haut sur un chêne. Sa technique pour récupérer les branches s'améliore, il les arrache maintenant directement sur des pins situés à proximité du nid ; les 2 dernières apportées étaient en partie vertes. Jean est le seul à effectuer ces apports.

 

Deux autres accouplements sont notés les 19 et 27 février. Ensuite, pour une raison inconnue, ces deux oiseaux vont disparaitre du site. Ils réapparaissent ensemble le 9 mars sur le charnier de l'association Vautours en Baronnies (infos C.Tessier & J.Traversier). Ils y nichent courant avril, probablement attirés par les couples nicheurs de ce massif. Cette première reproduction est un échec. Jean et Exo1 sont de retour à Rougon le 3 juin. Ils sont ensuite régulièrement notés ensemble jusqu'à la fin de l'année.

 

En 2012, ils sont ensemble dans leur vallon dès le 6 janvier. Dès lors, le couple va effectuer 4 allers-retours Verdon-Baronnies. Hésitent-ils entre les deux sites ? Le 8 mars ils rechargent l'aire du Verdon, le 13 ils sont sur le nid et les 16 et 18 mars, ils apportent des branches et s'accouplent. Jean est ensuite observé seul en vol le 23 mars puis les 2 oiseaux disparaissent du site. Sont-ils allés nicher dans les Baronnies comme en 2011 ? Le couple est de nouveau dans son vallon le 18 avril poursuivant un autre vautour moine. Ils fréquentent le Verdon régulièrement jusqu'au 27 octobre puis ils séjournent dans les Baronnies. Ils sont de retour dans le Verdon le 28 décembre.

 

 

La première nidification en 2013

Cette année, Jean continue à renforcer l'aire à partir du 12 janvier. Le 5 février, pour la première fois Exo1 est vue apportant une branche à l'aire. Ce même jour, Jean attaque à 3 reprises un autre moine et Exo1 en percute un autre violemment sur le dos.

 

Le 26 février, Jean est couché sur l'aire. Il couve, première réjouissance. La ponte a été déposée entre le 23 et le 26 février. Ensuite, les deux oiseaux vont couver alternativement. Le 18 avril, la femelle est debout sur l'aire, malgré la distance (plus d'1 km) on distingue un poussin entre ses pattes puis elle se penche pour le nourrir en régurgitant (éclosion entre le 12 et le 18 avril).

 

Deuxième réjouissance ! Le 19 juin, le poussin est assez grand pour être bagué : une bague en acier du Muséum à une patte et une bague blanche gravée FZF à l'autre patte pour l'identifier à distance. Deux petites plumes en croissance lui sont prélevées pour l'identification génétique. De même, nous récoltons quelques plumes des parents accrochées dans l'aire ainsi que des pelotes de réjection et des morceaux de peaux pour l'étude de leur régime alimentaire.

 

Si tout se passe bien, il s'envolera au milieu de l'été. Ce serait un événement historique pour la région, la dernière reproduction avérée date de 157 ans ! En effet, dans sa publication « Le Vautour moine (Aegypius monachus) appartient encore à la faune française » Jean-François Terrasse précise : « Il était nicheur au XVIIème siècle en Provence (d'Arcussia - 1643) et Newton en 1864 cite une collecte d'œuf réalisée en 1856 dans les Basses-Alpes (Glutz Von Blotsheim, 1971) ». Les Basse-Alpes est l'ancien nom des Alpes de Haute-Provence. Ce département peut s'enorgueillir d'être le premier et le seul en France où nichent les quatre espèces de vautours européens.

Sylvain HENRIQUET, Marc PASTOURET et Arnaud LACOSTE
LPO PACA

 

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